Butembo : le dialogue inclusif annoncé par Félix Tshisekedi divise les acteurs politiques congolais, méfiance et appel à l’unité, voici les réactions des partis politiques

Butembo : le dialogue inclusif annoncé par Félix Tshisekedi divise les acteurs politiques congolais, méfiance et appel à l’unité, voici les réactions des partis politiques

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Moïse Ndungo

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L'annonce de la convocation d'un dialogue national inclusif par le président de la République Félix-Antoine Tshisekedi suscite des réactions contrastées dans la classe politique de Butembo. Entre satisfaction au sein de l'Union sacrée, réserves exprimées par l'opposition et appel à la décrispation lancée par les partis centristes, les acteurs politiques locaux affichent des lectures différentes sur les objectifs et les chances de réussite de ce processus.

La décision du chef de l'État d'engager un dialogue inclusif continue de faire débat dans les milieux politiques de la ville de Butembo. Alors que la présidence de la République présente cette initiative comme une opportunité de rassembler les différentes composantes de la nation autour des défis majeurs du pays, notamment la sécurité et la cohésion nationale, les acteurs politiques locaux restent partagés sur la portée réelle de cette démarche.

Au sein de l'Union sacrée de la nation, cette initiative est accueillie favorablement. Pour l'Union pour la démocratie et le progrès (UDP), parti membre de cette plateforme présidentielle, le dialogue constitue une preuve de la volonté du président Félix Tshisekedi de privilégier l'intérêt général et de rechercher des solutions concertées aux problèmes auxquels fait face la population congolaise.

Selon Lwanzo Kasonia, porte-parole de l'UDP en ville de Butembo, ces échanges doivent avant tout réunir les Congolais autour des préoccupations essentielles du pays et dépasser les divergences politiques.

« Ce dialogue est une démarche qui doit rassembler les Congolais autour de l'intérêt supérieur de la Nation. Le président de la République démontre une fois de plus sa volonté d'écouter toutes les composantes du pays afin de trouver ensemble des réponses aux difficultés que traverse notre population. Aujourd'hui, les Congolais ont besoin de paix, de sécurité et de développement. Ce cadre de concertation doit donc être une occasion pour tous les acteurs de mettre de côté les intérêts particuliers et de privilégier l'avenir du pays. », a déclaré Lwanzo Kasonia, porte-parole de l'UDP à Butembo.

Du côté de l'opposition, le scepticisme demeure. Certains acteurs politiques estiment que la réussite de ce dialogue dépendra des garanties offertes par le pouvoir en place sur son caractère réellement inclusif et transparent. Ils appellent notamment à des préalables avant toute participation, afin d'éviter un processus qu'ils considèrent comme pouvant être contrôlé par les autorités.

Achille Mbundu, cadre de l'ECIDE à Butembo, exprime ces réserves et affirme que l'opposition attend des assurances sur les objectifs, les mécanismes de fonctionnement et les résultats attendus de ces assises.

« Nous ne rejetons pas le principe du dialogue, parce que le pays a effectivement besoin d'un espace où les différentes sensibilités peuvent se parler. Mais nous devons nous rassurer sur la sincérité de la démarche. Un dialogue inclusif ne peut pas être organisé uniquement pour légitimer des décisions déjà prises. Il doit garantir une participation équilibrée de tous les acteurs et permettre d'aborder les véritables problèmes du pays, notamment la crise sécuritaire, la gouvernance et les questions qui préoccupent réellement les Congolais. », a indiqué Achil Mbundu, cadre de l'ECIDE à Butembo.

De son côté, le parti centriste Congo Nouveau appelle à privilégier l'unité nationale et la décrispation politique. Pour cette formation politique, le contexte actuel exige un dépassement des clivages afin de favoriser un retour à une situation normale dans le pays.

Son président national, Isaac Mutanga, estime que le dialogue doit être une opportunité de restaurer la confiance entre les différentes parties prenantes et de renforcer la cohésion nationale.

« La République démocratique du Congo traverse une période qui nécessite la responsabilité de tous les acteurs. Nous encourageons une décrispation politique véritable et une démarche qui favorise l'unité nationale. Le dialogue doit permettre de rapprocher les Congolais, de réduire les tensions et de créer les conditions d'un retour durable à la paix et à la stabilité. Lorsque les intérêts du pays sont en jeu, nous devons tous privilégier ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous divise. », a déclaré Isaac Mutanga, président national de Congo Nouveau.

Selon les informations disponibles, les responsables des confessions religieuses ont été chargés d'engager des consultations auprès des différentes forces politiques, notamment celles de l'opposition, afin d'identifier les acteurs susceptibles de prendre part à ce dialogue.

Cependant, une question demeure au centre des discussions : celle de la participation éventuelle du mouvement AFC/M23 dans ce processus, alors que ce groupe est impliqué dans le conflit armé qui secoue plusieurs territoires de l'Est de la République démocratique du Congo.

À Butembo comme ailleurs dans le pays, les regards restent désormais tournés vers les prochaines étapes de préparation de ce dialogue, dont la réussite dépendra largement de la capacité des parties prenantes à instaurer un climat de confiance et à placer les intérêts nationaux au-dessus des divergences politiques.

Tags : # Actualité # Nord-Kivu # RDC

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