Face aux difficultés économiques et au manque d’emplois stables, de nombreux jeunes garçons et filles se tournent vers le colportage pour subvenir à leurs besoins. Pendant les vacances scolaires, certains élèves rejoignent également ce secteur pour soutenir leurs familles. Le commerce ambulant prend de plus en plus d’ampleur dans la ville de Butembo. Chaque jour, de nombreux jeunes parcourent les rues, avenues et quartiers périphériques avec différents articles destinés à la vente.
Brosses à dents, dentifrices, ceintures, produits cosmétiques, chaussures, habits, ustensiles de ménage, couvertures, draps de lit ou encore boissons sont parmi les produits proposés par ces commerçants ambulants qui utilisent parfois le système de porte-à-porte pour atteindre les clients. Pour plusieurs jeunes, cette activité constitue une source de revenus leur permettant de répondre aux besoins quotidiens, malgré les difficultés rencontrées, notamment la fatigue liée aux longues distances parcourues et les problèmes d’insolvabilité de certains clients.
C’est le cas de Kambale Moïse, un jeune vendeur ambulant rencontré avec son mégaphone, utilisé pour attirer les clients grâce à des annonces dans les rues de la ville. Il affirme tirer une certaine satisfaction de son activité de colportage.
« Ce travail me permet de chercher de quoi vivre. Quand je suis fatigué avec les courses dans les quartiers, je viens installer mes articles au Rond VGH pour continuer à vendre. Ce qui attire les clients, c’est surtout la réduction des prix. Malgré les difficultés, je trouve mon bénéfice dans cette activité. », témoigne Kambale Moïse.
Selon lui, la proximité avec les clients constitue un avantage majeur de cette forme de commerce. Les vendeurs ambulants adaptent souvent leurs prix afin d’écouler rapidement leurs marchandises et fidéliser leur clientèle. Par ailleurs, le phénomène attire également certains écoliers et élèves pendant cette période des vacances scolaires. Ces derniers profitent de ces deux mois de repos pour exercer de petits travaux commerciaux, avec l’objectif de réunir un peu d’argent avant la prochaine rentrée scolaire. Jean Muvunga, Salomon Kakule et Mumbere Sivamwenda font partie de ces jeunes qui vendent des articles pour le compte de certains commerçants. En échange, ils reçoivent une rémunération mensuelle.
Ils expliquent cependant que les revenus restent faibles au regard des efforts fournis, des longues heures de marche et des risques auxquels ils sont exposés.
« Nous travaillons pendant les vacances pour aider nos parents à préparer la rentrée scolaire. Mais parfois, la motivation n’est pas suffisante par rapport au travail que nous faisons. Pendant deux mois, certains peuvent recevoir 20 ou 30 dollars selon le courage et les résultats obtenus. Nous demandons aux employeurs d’améliorer nos primes, parce que nous faisons beaucoup d’efforts pour vendre leurs produits. », expliquent ces jeunes vendeurs.
Ces élèves évoquent également les risques d’accidents liés aux déplacements fréquents dans les rues ainsi que la fatigue provoquée par les longues journées de travail.
Le commerce ambulant, longtemps pratiqué dans plusieurs grandes villes de la République démocratique du Congo, s’installe donc progressivement dans le paysage économique de Butembo. Pour de nombreux jeunes, il représente aujourd’hui une alternative face au chômage et aux difficultés économiques.
PRISACA NABINTU KIBUKA