Butembo : le cannabis contient des substances valorisables en médecine, affirme le pharmacien Eugène Mbayahi

Butembo : le cannabis contient des substances valorisables en médecine, affirme le pharmacien Eugène Mbayahi

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Ghislain Lukambo

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Le cannabis, communément appelé chanvre, contient des substances susceptibles d’être valorisées dans le domaine médical, selon le pharmacien Eugène Mbayahi, chef de travaux à la Faculté des sciences pharmaceutiques de l’Université catholique du Graben, UCG. Cette réaction intervient après l’annonce de l’officialisation de la culture du cannabis en République démocratique du Congo par le ministre d’État, ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Nzangi Butondo. Le spécialiste appelle toutefois à un encadrement strict de la culture et de l’utilisation de cette plante afin d’éviter les conséquences liées à son usage abusif.

Contacté par la RTEE Kivu, Eugène Mbayahi reconnaît les propriétés médicinales de certaines substances contenues dans le cannabis. Selon ce spécialiste en pharmacie, ces composants peuvent faire l’objet d’une valorisation scientifique et médicale dans la prise en charge de certaines pathologies, à condition que leur utilisation soit effectuée dans un cadre contrôlé.

« Le cannabis est effectivement une plante qui contient certaines substances pouvant présenter un intérêt dans le domaine médical. Ces substances peuvent être étudiées et valorisées dans la médecine pour la prise en charge de certaines pathologies. Il est donc important de faire la distinction entre l’usage médical encadré de certains composants du cannabis et la consommation abusive de la plante. La recherche scientifique permet justement de déterminer les substances qui présentent un intérêt thérapeutique, leurs indications, leurs doses et les conditions dans lesquelles elles peuvent être utilisées », explique Eugène Mbayahi, pharmacien et chef de travaux à la Faculté des sciences pharmaceutiques de l’UCG, dans des propos recueillis par Moïse Ndungo pour la RTEE Kivu.

Le pharmacien insiste cependant sur la nécessité d’un encadrement légal et scientifique. Il met en garde contre toute interprétation de l’officialisation de la culture du cannabis comme une autorisation générale de sa consommation ou de sa commercialisation.

Pour lui, la culture, la transformation et l’utilisation de cette plante doivent être soumises à des règles précises afin de distinguer les usages autorisés des usages susceptibles de présenter des risques pour la santé.

« Il faut absolument que la culture et l’utilisation du cannabis soient encadrées par la loi et par les professionnels compétents. Une utilisation abusive ou non contrôlée peut avoir des conséquences néfastes sur la santé humaine. L’autorisation de la culture ne doit donc pas être comprise comme une liberté de produire, de vendre ou de consommer le cannabis sans contrôle. Il faut mettre en place un mécanisme qui permette de contrôler la production, la transformation, la destination des produits et leur utilisation, particulièrement lorsqu’il s’agit d’un objectif médical », prévient Eugène Mbayahi, pharmacien et chef de travaux à l’UCG, dans des propos recueillis par Moïse Ndungo pour la RTEE Kivu.

Cette mise au point intervient alors que la question de la culture du cannabis suscite de nombreux débats en RDC. L’enjeu consiste notamment à déterminer les conditions dans lesquelles cette plante peut être exploitée à des fins médicales ou industrielles tout en évitant son détournement vers la consommation récréative et le trafic.

La commercialisation et l’utilisation des produits stupéfiants restent soumises aux dispositions légales en vigueur. Les spécialistes insistent ainsi sur la nécessité de respecter le cadre réglementaire et de ne pas confondre l’exploitation scientifique ou médicale de certaines substances avec la consommation incontrôlée du cannabis.

Moïse Ndungo, RTEE Kivu.

Tags : # Actualité # Nord-Kivu # RDC

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