Butembo : l’apparition de la lune n’est pas une cause de dépression mentale, rappelle le psychologue clinicien Trofime Mabayahi

Butembo : l’apparition de la lune n’est pas une cause de dépression mentale, rappelle le psychologue clinicien Trofime Mabayahi

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Moïse Ndungo

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À l’occasion de la Journée internationale de la Lune célébrée chaque 20 juillet, un spécialiste de la santé mentale à Butembo déconstruit une croyance populaire selon laquelle les phases lunaires seraient responsables des troubles psychiques. Le psychologue clinicien Trofime Mabayahi affirme qu’aucune preuve scientifique n’établit un lien direct entre l’apparition de la lune et la dépression mentale.

La lune continue d’alimenter plusieurs croyances dans différentes communautés. Parmi elles, l’idée selon laquelle l’apparition de la lune ou certaines phases lunaires pourraient provoquer des troubles mentaux chez certaines personnes. Une perception que réfute le psychologue clinicien Trofime Mabayahi de l'hôpital Heal Africa à Goma.

Intervenant à l’occasion de la Journée internationale de la Lune célébrée chaque 20 juillet, ce spécialiste de la santé mentale explique que cette croyance largement répandue dans la société ne repose sur aucune base scientifique démontrée. Selon lui, les troubles psychiques ont des causes multiples liées notamment aux facteurs biologiques, psychologiques, sociaux et environnementaux.

« L’apparition de la lune n’est pas à l’origine de la dépression mentale. Jusqu’à ce jour, aucune étude scientifique sérieuse n’a démontré que la lune pouvait provoquer directement une maladie mentale chez une personne. Cette idée relève davantage des croyances populaires que des réalités médicales. Il est important que la population comprenne que les troubles mentaux doivent être considérés comme des problèmes de santé qui nécessitent une prise en charge appropriée », explique le psychologue clinicien Trofime Mabayahi.

À la question de savoir pourquoi certaines personnes présentant des troubles mentaux peuvent changer de comportement durant certaines périodes, le spécialiste indique que ces variations dépendent principalement de la nature et de l’évolution de la maladie dont souffre le patient. Selon lui, certaines pathologies peuvent effectivement entraîner des changements dans les attitudes, les émotions ou les réactions d’une personne, mais ces manifestations ne doivent pas être automatiquement attribuées aux phénomènes naturels comme les cycles lunaires.

Le psychologue revient également sur une affirmation attribuée au psychiatre Sigmund Freud selon laquelle chaque être humain présenterait une forme de vulnérabilité psychique, avec seulement des degrés différents. Pour lui, le fait qu’une personne adopte un comportement inhabituel ne signifie pas nécessairement qu’elle souffre d’une maladie mentale.

« Il faut éviter de considérer tout changement de comportement comme un signe direct de maladie mentale. L’être humain peut traverser des périodes difficiles, avoir des réactions différentes selon les circonstances, sans pour autant être malade mentalement. Ce qui compte, c’est d’observer la durée, l’intensité et l’impact de ces changements sur la vie quotidienne de la personne », précise Trofime Mabayahi.

Le spécialiste appelle ainsi la population à abandonner certains préjugés autour de la santé mentale et à privilégier une approche basée sur l’écoute, la compréhension et l’accompagnement des personnes en difficulté.

Il souligne que les croyances liées à l’influence de la lune sur les maladies mentales restent encore présentes dans plusieurs milieux, y compris auprès de certaines personnes instruites. Une situation qui, selon lui, montre la nécessité de renforcer davantage la sensibilisation sur les questions de santé mentale.

Un reportage de Moïse Ndungo, réalisé par Prisca Kibuka.

Tags : # Actualité # Nord-Kivu # RDC

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