Déclarée conforme à la Constitution, la loi portant organisation du référendum en République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape avant sa promulgation. À Butembo, majorité présidentielle et opposition livrent des lectures diamétralement opposées de cette décision de la Haute Cour. La décision de la Cour constitutionnelle déclarant conforme à la Constitution la loi portant organisation du référendum continue de susciter des réactions au sein de la classe politique congolaise. Rendue mardi 28 juillet 2026, cette décision ouvre la voie à la promulgation du texte par le président de la République, après sa publication au Journal officiel, accompagnée des réserves formulées par la Haute Cour sur certaines dispositions.
Avant cette étape, le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo avait saisi la Cour constitutionnelle afin qu'elle contrôle la conformité de cette loi à la Constitution. L'avis favorable de la plus haute juridiction constitutionnelle met ainsi un terme au processus de contrôle préalable et autorise désormais le chef de l'État à procéder à sa promulgation.
À Butembo, cette évolution est diversement appréciée par les acteurs politiques.
Du côté de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), la décision de la Cour est saluée comme une victoire de l'État de droit et une preuve du respect des procédures constitutionnelles. Le porte-parole fédéral du parti à Butembo, Jean-Didieu Kasonia, estime que cette validation renforce la crédibilité des institutions et ouvre une nouvelle étape dans le fonctionnement démocratique du pays.
« Le président de la République a démontré son attachement au respect de la Constitution en soumettant cette loi à la Cour constitutionnelle avant sa promulgation. Aujourd'hui, la Haute Cour s'est prononcée favorablement. Cela signifie que toutes les institutions ont joué leur rôle conformément aux textes. Nous invitons donc les Congolais à soutenir cette démarche républicaine, car elle s'inscrit dans le cadre du renforcement de notre démocratie et du respect de la légalité constitutionnelle », a déclaré Jean-Didieu Kasonia.
Pour le responsable de l'UDPS, les débats politiques doivent désormais laisser place au respect des institutions de la République, chacune ayant exercé les compétences que lui confère la Constitution. L'opposition, en revanche, affiche une position totalement différente. Le coordonnateur provincial du parti Ensemble pour la République au Nord-Kivu, Safari Akayesu, considère que la décision de la Cour constitutionnelle est inopportune dans le contexte politique actuel. Il estime que cette validation risque d'alimenter davantage les tensions politiques au lieu de favoriser le consensus national.
« Nous considérons cette décision comme une véritable provocation politique. Les préoccupations prioritaires des Congolais aujourd'hui concernent la sécurité, la paix et les conditions de vie de la population. Engager le pays dans un processus référendaire dans un tel contexte risque d'accentuer les divisions. Nous pensons qu'il aurait fallu privilégier un dialogue inclusif avant toute initiative susceptible de modifier les équilibres institutionnels », a réagi Safari Akayesu.
L'opposant appelle ainsi les institutions à privilégier la recherche du consensus afin d'éviter une crispation du climat politique.
Pour rappel, après son adoption par les deux chambres du Parlement, la loi portant modalités d'organisation du référendum avait été transmise au chef de l'État pour promulgation. La décision rendue par la Cour constitutionnelle constitue ainsi une étape décisive avant son entrée en vigueur, conformément à la procédure prévue par la Constitution.
Dossier Ghislain Lukambo, depuis Butembo