Alors que la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola continue de gagner du terrain dans les zones de santé de Butembo et de Katwa, les initiatives communautaires se multiplient afin de renforcer la prévention et de freiner la propagation du virus. C'est dans cette dynamique que la Solidarité des Organisations des Femmes et des Jeunes Producteurs Agricoles (SOFEJEP) organise, du 30 juillet au 1ᵉʳ août 2026 à Butembo, une session de formation destinée aux femmes sensibilisatrices et aux jeunes leaders communautaires. Appuyé techniquement et financièrement par le Fonds pour les Femmes Congolaises (FFC), cet atelier ambitionne de faire de ces acteurs des relais efficaces de la sensibilisation au sein des communautés.
Pendant trois jours, les participants issus principalement des zones de santé de Katwa et de Butembo bénéficieront d'une série de modules axés sur la communication des risques, la mobilisation communautaire, les techniques de sensibilisation de proximité, la lutte contre les rumeurs ainsi que les mécanismes d'alerte précoce. L'objectif est de permettre aux femmes et aux jeunes d'acquérir des connaissances solides afin de mieux accompagner les communautés dans cette nouvelle phase de la riposte. Pour les organisateurs, la prévention reste aujourd'hui l'arme la plus efficace face à une épidémie qui continue de faire des victimes.
En ouvrant les travaux, la coordonnatrice nationale de la SOFEJEP, Katungu Thérèse, a rappelé que le contexte sanitaire actuel impose une mobilisation générale. Elle a souligné que le bilan de la 17ᵉ épidémie est déjà supérieur à celui enregistré au même stade de la 10ᵉ épidémie, pourtant considérée comme l'une des plus meurtrières de l'histoire récente du pays. Selon elle, seule une implication active des communautés permettra de rompre la chaîne de transmission.
« Aujourd'hui, nous ne pouvons plus rester spectateurs. La maladie progresse rapidement et chacun doit comprendre qu'il a un rôle à jouer dans cette riposte. Notre objectif est de doter les femmes sensibilisatrices et les jeunes leaders des outils nécessaires pour porter un message crédible, combattre les rumeurs, détecter rapidement les cas suspects et encourager les populations à adopter les comportements qui sauvent des vies. Nous voulons que chaque participant devienne un véritable ambassadeur de la prévention dans son quartier, son église, son école ou son association. La victoire contre Ebola dépendra avant tout de l'engagement des communautés elles-mêmes. », a déclaré Katungu Thérèse, coordonnatrice nationale de la SOFEJEP.
Après les séances plénières, les participants ont été répartis en groupes de travail afin d'analyser les réalités spécifiques rencontrées sur le terrain. Les échanges ont notamment porté sur les causes de la méfiance envers les équipes de riposte, les obstacles à la sensibilisation, les stratégies permettant de renforcer la confiance entre les communautés et les intervenants sanitaires, ainsi que les moyens d'améliorer la remontée rapide des alertes. Les facilitateurs ont insisté sur l'importance d'une communication adaptée aux réalités locales, privilégiant l'écoute et le dialogue plutôt que les messages imposés.

Les organisateurs se disent satisfaits du niveau d'implication des participants ainsi que de la qualité des débats. Ils estiment que les femmes et les jeunes représentent des acteurs incontournables dans la lutte contre Ebola, en raison de leur proximité avec les familles et de leur capacité à influencer positivement les comportements au sein de la communauté.
« Cette formation ne se limite pas à transmettre des connaissances théoriques. Nous voulons que les participants repartent avec des compétences pratiques pour sensibiliser efficacement leurs communautés, identifier les signes d'alerte, orienter rapidement les cas suspects vers les structures sanitaires et lutter contre la désinformation qui alimente encore les résistances. La responsabilité de combattre Ebola est individuelle, mais la victoire sera nécessairement collective. Lorsque les communautés comprennent les risques et adhèrent aux mesures de prévention, il devient possible de casser la chaîne de transmission et de sauver des vies. », a expliqué l'un des facilitateurs de l'atelier.
Au programme de cette session figurent également des modules consacrés à la communication des risques, aux techniques d'animation des tribunes populaires, à la mobilisation des leaders communautaires, à la gestion des fausses informations circulant sur les réseaux sociaux ainsi qu'aux mécanismes d'alerte précoce et d'orientation des malades vers les structures de prise en charge. Les participants seront également formés sur les mesures barrières, la protection des familles lors des enterrements sécurisés et l'importance de collaborer avec les équipes sanitaires.

À travers cette initiative, la SOFEJEP entend renforcer le rôle des communautés dans la riposte contre Ebola, convaincue que la lutte contre cette maladie ne peut réussir sans une participation active des populations. Avec l'appui technique et financier du Fonds pour les Femmes Congolaises, l'organisation espère voir émerger un réseau de femmes et de jeunes capables de relayer des messages fiables, de déconstruire les rumeurs et de contribuer efficacement à l'interruption de la transmission du virus dans les zones les plus touchées.
Alors que la 17ᵉ épidémie continue de préoccuper les autorités sanitaires, cet atelier illustre la volonté des organisations communautaires de faire de la prévention un combat partagé par tous. Les organisateurs rappellent enfin que chaque geste responsable, chaque alerte précoce et chaque action de sensibilisation peuvent contribuer à sauver des vies et à rapprocher les communautés de la fin de cette nouvelle flambée d'Ebola.
Dossier : Ghislain Lukambo, depuis Butembo