Butembo : la société civile et les jeunes appellent à la prise de conscience après l’incendie d’un centre de santé en pleine riposte contre Ebola

Butembo : la société civile et les jeunes appellent à la prise de conscience après l’incendie d’un centre de santé en pleine riposte contre Ebola

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Ghislain Lukambo

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La multiplication des actes de résistance contre les équipes engagées dans la riposte contre la maladie à virus Ebola suscite une vive inquiétude à Butembo. Le Conseil communal de la jeunesse de Vulamba, le mouvement citoyen Le Bouclier et la coordination urbaine de la Nouvelle Société Civile de Butembo appellent la population à prendre conscience du danger sanitaire. Cet appel intervient après l’incendie du Centre Hospitalier Katota, situé au quartier Mukalangirwa, dans la commune de Vulamba, ainsi que l’agression d’une équipe de riposte au quartier Kyaghala, dans la commune de Bulengera. Les deux incidents se sont produits en l’espace de quelques heures.

Au quartier Kyaghala, une équipe de riposte qui se rendait lundi soir auprès d’un cas de décès communautaire pour procéder au prélèvement d’échantillons a été prise à partie par un groupe de jeunes opposés aux activités de riposte contre Ebola. Le véhicule de l’équipe a été lapidé avant que les agents ne puissent poursuivre normalement leur intervention.

Quelques heures plus tard, vers 2 heures du matin mardi 18 août, le Centre Hospitalier Katota, situé au quartier Mukalangirwa, a été incendié par des inconnus. Pour les acteurs de la société civile et de la jeunesse, ces actes traduisent une situation préoccupante qui nécessite une mobilisation collective afin de protéger les structures sanitaires et les équipes engagées dans la lutte contre l’épidémie.

« Nous condamnons fermement ce qui s’est passé. Une équipe de riposte qui se rendait à Kyaghala pour prélever des échantillons sur un cas de décès communautaire a été agressée et son véhicule a été lapidé. Quelques heures après, le Centre Hospitalier Katota a été incendié. Nous demandons à la population de comprendre que ces structures sanitaires et ces équipes travaillent pour protéger la communauté. Détruire un centre de santé ou empêcher les agents de faire leur travail ne fait qu’aggraver le danger auquel nous sommes tous exposés. Nous appelons donc les jeunes et toute la population à abandonner cette résistance et à collaborer avec les équipes de riposte », explique Gerlence Kawaya, président de la jeunesse de la commune de Vulamba, dans des propos recueillis par Babacar Vikwa pour la RTEE Kivu.

Le mouvement citoyen Le Bouclier condamne également ces actes et estime que la réponse à la résistance communautaire nécessite une implication plus importante des autorités et des cadres de la société civile. Pour Pathy Luvatsungana, la sensibilisation doit permettre de restaurer la confiance entre la population et les équipes sanitaires. De son côté, Maître Katembo Mirembe, coordonnateur de la Nouvelle Société Civile de Butembo, appelle l’ensemble des composantes de la communauté à assumer leurs responsabilités. Il insiste sur le fait que la maladie concerne toute la population et que personne ne peut se considérer à l’abri du virus.

« Nous devons tous pendre nos responsabilités face à cette situation. Les gouvernants ont leur rôle à jouer, les professionnels de santé ont leur rôle, la société civile également, mais la population doit aussi s’impliquer. Nous ne pouvons pas combattre Ebola en agressant les équipes de riposte ou en incendiant les structures sanitaires. Ces actes mettent en danger toute la communauté. Nous devons plutôt favoriser le dialogue, écouter les explications des professionnels et permettre aux équipes de travailler. Personne n’est épargné par cette maladie et chacun doit contribuer à la protection de la communauté », souligne Maître Katembo Mirembe, coordonnateur de la Nouvelle Société Civile de Butembo, dans des propos recueillis par Babacar Vikwa pour la RTEE Kivu.

Cette résistance intervient alors que la maladie continue de faire des victimes dans la ville de Butembo. Dans la seule zone de santé de Katwa, 275 cas confirmés et 166 décès ont été enregistrés depuis le début de l’épidémie, selon les dernières données communiquées par le médecin chef de cette zone de santé.

Face à cette situation, les acteurs de la jeunesse et de la société civile appellent à la protection des structures sanitaires, à la collaboration avec les équipes de riposte et à une prise de conscience collective afin de limiter la propagation de la maladie.

Babacar Vikwa, depuis Butembo.

Tags : # Actualité # Nord-Kivu # RDC

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