La présence d’enfants qui mendient dans les rues et les espaces commerciaux du centre-ville de Butembo suscite des inquiétudes sur leur sécurité et leur protection. Se présentant comme orphelins ou déplacés de guerre, certains de ces mineurs, parfois âgés de moins de six ans, circulent dans différents endroits de la ville pour solliciter de l’aide. Le sociologue et chef de travaux Ndaala Mugheni Jonathan alerte sur les risques auxquels ils sont exposés et appelle leurs tuteurs à agir rapidement.
Dans plusieurs coins du centre commercial, ces enfants sont visibles en train de solliciter l’assistance des passants. Ceux rencontrés par les reporters affirment être des déplacés de guerre et indiquent agir à la demande de leurs tuteurs. Une situation qui préoccupe le chef de travaux Ndaala Mugheni Jonathan, sociologue et enseignant à l’Université officielle de Ruwenzori (UOR).
« Ces enfants sont exposés à plusieurs dangers lorsqu’ils passent leurs journées dans les rues pour mendier. Ils peuvent être victimes de banditisme, d’accidents de circulation et de différentes formes d’exploitation. Leur présence prolongée dans ces milieux les expose également aux maladies et à la malnutrition. Il est donc urgent que les personnes qui en ont la charge prennent leurs responsabilités et privilégient leur protection plutôt que de les laisser dépendre de la mendicité », alerte le sociologue Ndaala Mugheni Jonathan.
Cette préoccupation est également partagée par la cheffe du service des Affaires sociales de la ville de Butembo. Elle recommande aux tuteurs de conduire les enfants de moins de 15 ans dans des orphelinats répondant aux normes de prise en charge. Pour ceux ayant dépassé cet âge, elle préconise une orientation vers des centres de récupération scolaire.
« Les tuteurs doivent comprendre que la rue n’est pas un cadre approprié pour l’éducation et la protection des enfants. Ceux qui ont moins de 15 ans devraient être conduits dans des orphelinats répondant aux normes, tandis que les enfants plus âgés devraient être orientés vers des centres de récupération scolaire. L’objectif est de leur offrir un encadrement adapté et de leur permettre de retrouver un parcours éducatif et une protection adéquate », recommande la responsable des Affaires sociales.
Jusque tard dans la soirée, certains de ces enfants restent visibles dans plusieurs endroits du centre-ville. Cette situation soulève des préoccupations quant à l’efficacité des mécanismes de protection de l’enfance et appelle à une implication accrue des familles, des services sociaux et des autorités compétentes.
Esperanza Sindani à Butembo