BUTEMBO : la culture du cannabis autorisée, des acteurs religieux et scientifiques appellent à éviter son usage comme drogue

BUTEMBO : la culture du cannabis autorisée, des acteurs religieux et scientifiques appellent à éviter son usage comme drogue

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Ghislain Lukambo

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L’autorisation de la culture du cannabis en République démocratique du Congo suscite des réactions à Butembo. Des hommes de Dieu, sociologues et psychiatres saluent cette mesure lorsqu’elle vise des fins industrielles, médicales ou économiques, mais mettent en garde contre la consommation du chanvre comme stupéfiant. Ils appellent notamment à un encadrement strict de cette nouvelle politique afin d’éviter ses conséquences sociales et sanitaires.

Pour le pasteur Wanyenga Mangala, de l’Église El Shadai, l’autorisation de cultiver le cannabis ne doit en aucun cas être interprétée comme une permission de le consommer comme drogue. S’appuyant sur les enseignements des Saintes Écritures, il estime que l’usage des substances stupéfiantes demeure incompatible avec les principes chrétiens. Il appelle donc la population à distinguer la culture destinée à des usages réglementés de la consommation récréative du chanvre.

« Le fait que l’État autorise aujourd’hui la culture du cannabis ne signifie pas que tout le monde est autorisé à le consommer comme une drogue. Les Saintes Écritures nous appellent à préserver notre corps et à éviter ce qui peut nous rendre dépendants ou nous éloigner de Dieu. Si le cannabis doit être cultivé pour des besoins industriels, médicaux ou autres usages légalement encadrés, cela peut se comprendre. Mais son utilisation comme stupéfiant reste condamnable. Il faut donc sensibiliser la population pour qu’elle ne confonde pas cette autorisation de culture avec une autorisation de consommation de la drogue », explique le pasteur Wanyenga Mangala de l’Église El Shadai, dans des propos recueillis par Ange Kavuya pour la RTEE Kivu.

Cette position rejoint celle du sociologue Mbusa Mayani, qui estime que l’enjeu sera désormais de mettre en place des mécanismes permettant d’éviter que la légalisation de la culture à certaines fins ne favorise la consommation abusive dans la société. Selon lui, la consommation des drogues demeure un problème social susceptible d’affecter les comportements individuels et collectifs. Il invite ainsi le gouvernement à renforcer les mesures d’encadrement, de contrôle et de sensibilisation autour de cette culture.

« Sociologiquement, nous devons faire une distinction entre la culture d’une plante destinée à des usages industriels ou médicaux et sa consommation comme stupéfiant. La consommation de la drogue reste une pratique qui pose des problèmes dans la société et peut entraîner des conséquences sur les comportements, particulièrement chez les jeunes. Le gouvernement doit donc accompagner cette décision par des mesures très claires de contrôle, afin que le cannabis cultivé dans notre pays ne se retrouve pas dans les circuits de consommation abusive. Il faut protéger la société tout en permettant à l’État de tirer profit des éventuelles opportunités économiques et industrielles liées à cette plante », souligne le sociologue Mbusa Mayani, dans des propos recueillis par Ange Kavuya pour la RTEE Kivu.

Sur le plan médical, le psychiatre Erasme Kakirania, exerçant à l’Hôpital général de référence de Katwa, insiste également sur les risques liés à la consommation abusive des drogues, notamment sur la santé mentale. Il rappelle que l’usage non contrôlé du chanvre peut avoir des conséquences néfastes et appelle à la prudence, particulièrement chez les jeunes.

Ces réactions interviennent alors que la question du cannabis fait l’objet d’un débat à Butembo depuis l’annonce de l’autorisation de sa culture en RDC. Des spécialistes en santé avaient déjà mis en garde, dans un précédent reportage de la RTEE Kivu, contre la consommation du chanvre à l’état brut, tout en reconnaissant que certains de ses dérivés peuvent être utilisés dans la fabrication de produits à vocation médicale.

Pour ces différents intervenants, l’enjeu consiste donc à garantir que la culture autorisée reste orientée vers les usages prévus par la réglementation, sans favoriser la circulation et la consommation du cannabis comme drogue. La sensibilisation de la population, le contrôle des producteurs ainsi que le respect des normes apparaissent dès lors comme des éléments essentiels pour éviter les dérives.

Ange Kavuya, depuis Butembo.

Tags : # Actualité # Nord-Kivu # RDC

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