Nord-Kivu : la confédération des tradipraticiens dénonce la vente illicite de médicaments traditionnels en plein air

Nord-Kivu : la confédération des tradipraticiens dénonce la vente illicite de médicaments traditionnels en plein air

La vente de médicaments traditionnels en plein air et à la criée prend de l’ampleur dans les rues de Butembo, dans la province du Nord-Kivu

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Ghislain Lukambo

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Une pratique qui suscite une vive indignation au sein de la Confédération provinciale des associations des tradipraticiens du Nord-Kivu, qui appelle au respect strict des normes légales encadrant la médecine traditionnelle.

Selon le président provincial de cette structure, Kambale Nzoloka Jerlas, l’exercice de la médecine traditionnelle est soumis à une réglementation claire, notamment l’arrêté n°1250 du 25 octobre 2002, qui définit les conditions d’exercice de cette activité sur l’ensemble du territoire.

Il précise que les textes en vigueur exigent que les soins de médecine traditionnelle soient dispensés dans des lieux appropriés et reconnus, et non dans des espaces publics ou des conditions improvisées, souvent observées dans les marchés et les rues de la ville.

 « L’arrêté n°1250 du 25 octobre 2002 est très clair sur les conditions d’exercice de la médecine traditionnelle. Il précise les lieux autorisés pour la dispensation des soins, notamment les centres reconnus de médecine traditionnelle. La vente en plein air et à la criée ne respecte pas ces normes et expose les patients à des risques importants. Nous appelons tous les praticiens à se conformer à la réglementation en vigueur », a déclaré Kambale Nzoloka Jerlas.

Le président provincial met également en garde contre certaines pratiques publicitaires jugées trompeuses, notamment les promesses de guérison universelle souvent avancées par certains vendeurs de produits traditionnels.

 « Lorsqu’un praticien affirme que ses produits peuvent guérir toutes les maladies, cela est scientifiquement et médicalement faux. Aucune plante ni aucun médicament ne peut prétendre avoir de telles propriétés. Ce type de discours relève souvent d’une recherche de gain financier et non d’un véritable objectif de soin. Lorsqu’un praticien attribue à ses produits des vertus non démontrées, il s’expose à des sanctions disciplinaires et judiciaires », a-t-il averti.

Dans une région régulièrement confrontée à des épidémies telles que la maladie à virus Ebola, la Confédération provinciale insiste également sur la nécessité d’une collaboration étroite entre tradipraticiens et professionnels de santé modernes.

 « La santé est un bien précieux. Nous demandons aux tradipraticiens de travailler en collaboration avec le système de santé moderne et de respecter les orientations des autorités sanitaires. Il est important d’éviter les fausses promesses de guérison miracle et de référer les patients vers des structures de santé reconnues lorsque cela est nécessaire. La protection de la population doit rester notre priorité commune », a souligné le responsable.

Les autorités traditionnelles appellent ainsi à une meilleure organisation du secteur afin de garantir la sécurité des patients et de valoriser les pratiques conformes aux normes en vigueur.

Dans la ville de Butembo, cette mise au point relance le débat sur l’encadrement de la médecine traditionnelle et la lutte contre les pratiques informelles dans le secteur de la santé.

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