Longtemps reléguée au rang des métiers dits « secondaires », la couture continue pourtant de démontrer son importance dans la lutte contre le chômage et la précarité. À Butembo, à l’occasion de la Journée internationale de la machine à coudre célébrée ce samedi 13 juin, les professionnels du secteur ont mis en avant le rôle déterminant de cette activité dans l’autonomisation économique des jeunes et des ménages.
Pour KASEREKA Kalyamuhuma Moïse, président du collectif artistique « Umoja ni Nguvu J’aime la Couture », la machine à coudre est bien plus qu’un simple outil de travail. Elle constitue un instrument de création de richesses, capable d’assurer l’indépendance financière de milliers de personnes qui choisissent de se lancer dans la coupe et couture.
« La couture est avant tout une œuvre d’art qui mérite davantage de considération. Beaucoup pensent encore qu’il s’agit d’un métier réservé à ceux qui n’ont pas étudié, alors qu’il offre aujourd’hui de nombreuses opportunités », affirme-t-il.
Dans un contexte où l’emploi formel demeure difficile d’accès pour de nombreux jeunes, plusieurs habitants de Butembo ont trouvé dans la couture une alternative crédible pour construire leur avenir. Au fil des années, le secteur s’est modernisé et attire désormais aussi bien les hommes que les femmes. Certains se spécialisent dans la confection de vêtements sur mesure tandis que d’autres excellent dans la retouche et la transformation des habits.
Selon les professionnels du domaine, la couture représente aujourd’hui l’un des métiers les plus accessibles pour les jeunes souhaitant entreprendre avec peu de moyens. Une machine à coudre, quelques connaissances techniques et une clientèle fidèle suffisent souvent pour démarrer une activité génératrice de revenus.
« La machine à coudre est un instrument générateur de revenus. Elle peut rendre une personne autonome financièrement et lui permettre de prendre en charge sa famille », souligne KASEREKA Kalyamuhuma Moïse.
Malgré ce potentiel, le secteur continue de faire face à plusieurs difficultés, notamment le manque d’espaces adaptés à l’exercice de la profession. Dans plusieurs quartiers de la ville, les ateliers de couture fonctionnent dans des locaux exigus, parfois dépourvus d’infrastructures adéquates pour accueillir la clientèle.
Face à cette réalité, le président du collectif « Umoja ni Nguvu J’aime la Couture » appelle les investisseurs immobiliers à construire des galeries et espaces commerciaux spécialement destinés aux couturiers. Une telle initiative permettrait, selon lui, d’améliorer les conditions de travail des artisans tout en renforçant la visibilité de leurs activités.
Alors que les métiers techniques gagnent progressivement en reconnaissance, les acteurs de la couture espèrent voir les autorités et les partenaires du développement accorder davantage d’attention à un secteur qui contribue non seulement à la réduction du chômage, mais également à la promotion de l’entrepreneuriat local.