Derrière un rôle que beaucoup critiquent, plusieurs rôles à la fois. Pour héberger une personne du troisième âge chez soi, il faut de la patience et de l'amour, car on y est tour à tour psychologue, parent et tuteur. Ces propos sont ceux de Kavira Masimengo Denise, lors d'une interview exclusive accordée à la RTEE Kivu. Elle appelle toutes les personnes qui hébergent des personnes âgées à le faire avec amour, car, dit-elle, c'est une bénédiction.
Mère de famille, Kavira Masimengo Denise héberge ses beaux-parents depuis dix ans. De son expérience, elle retient que plus les années passent, plus la personne âgée redevient comme un enfant. Avec la vie devenue difficile, cette mission est de plus en plus compliquée à assumer au quotidien.
« Plus les années passent, plus la personne âgée redevient comme un enfant. Avec la vie devenue difficile, ce travail devient compliqué. Entre l'envie d'avoir son propre argent et celle de contribuer un peu aux besoins des petits-enfants, la plupart des vieux ont tendance à aller quémander en ville. Ce n'est pas parce qu'ils n'ont rien, mais parce qu'ils veulent se prendre en charge eux-mêmes », explique Kavira Masimengo Denise.
Malgré le manque de reconnaissance chez certains, elle encourage ceux qui ont eu la chance de jouer ce rôle dans leur famille à prendre soin de leurs aînés avec amour et patience.
« Malgré le manque de reconnaissance chez certains, j'encourage ceux qui ont la chance d'avoir ce rôle dans leur famille à prendre soin de leurs vieux avec amour et patience. Moi, je le dis : c'est une bénédiction », ajoute-t-elle.
De leur côté, les personnes du troisième âge réclament leur prise en charge de la part de leurs enfants ou de leurs petits-enfants. Pour elles, c'est ce soutien qui fait leur joie.
« Ce qui nous fait plaisir, c'est quand nos enfants ou nos petits-enfants s'occupent de nous. C'est cela qui fait notre joie », confie un vieux de Butembo.
Enfin, Kavira Masimengo Denise appelle la communauté de Butembo à toujours veiller sur ses vieux. Si on en croise sur la route, il ne faut pas passer sans les aider à traverser, conclut-elle, car il arrive qu'ils quittent la maison sans que leurs proches le sachent.
Esperanza Sindani, à Butembo