Butembo : face à la hausse du prix du taxi, le « mushambiko » gagne du terrain

Butembo : face à la hausse du prix du taxi, le « mushambiko » gagne du terrain

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Esperanza Sindani

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La hausse du prix du transport à Butembo pousse certains habitants à trouver des moyens de réduire leurs dépenses quotidiennes. Dans plusieurs zones périphériques du centre-ville, conducteurs de motos-taxis et passagers ont recours au « Mushambiko », une pratique qui consiste à regrouper deux ou trois personnes pour partager le coût d’une même course. Une formule qui permet aux passagers de payer moins cher, tout en offrant aux conducteurs la possibilité de maintenir leurs recettes, notamment sur les axes où les tricycles et autres moyens de transport sont moins présents.

À Vuhira, située à environ quatre kilomètres du centre-ville, mais aussi à Vulamba, Kakuva, Kailavula, Musimba ou encore Katsya, il n’est pas rare d’observer, à différents moments de la journée, des motos-taxis transportant deux, voire trois passagers. Cette pratique est particulièrement visible dans les zones périphériques qui ne sont pas suffisamment desservies par les tricycles communément appelés « bajaj ».

Kasereka Tsongo, conducteur de moto-taxi sur l’axe Katsya-centre-ville, explique que le Mushambiko constitue pour lui une formule qui permet de concilier les difficultés économiques des clients et ses propres besoins de rentabilité.

« Avec le Mushambiko, le client qui n’a pas suffisamment d’argent peut quand même atteindre le centre-ville en partageant les frais avec une autre personne. Pour nous, conducteurs, cela permet aussi de travailler et de couvrir nos dépenses. Aujourd’hui, beaucoup de personnes ont des difficultés financières, et il faut donc trouver une formule qui arrange les deux parties. C’est devenu une pratique qui nous permet de continuer à transporter les clients vers leurs destinations malgré la situation économique difficile », a expliqué Kasereka Tsongo.

Du côté des passagers, le recours au Mushambiko est également présenté comme une réponse aux difficultés financières auxquelles de nombreux ménages sont confrontés. Certains habitants affirment préférer partager une course plutôt que de supporter seuls le coût du transport, surtout lorsqu’ils doivent effectuer quotidiennement le trajet entre les quartiers périphériques et le centre-ville. Pour eux, cette formule permet de réduire les dépenses liées à la mobilité et de consacrer une partie de leurs revenus à d’autres besoins essentiels.

« La vie est devenue difficile et le transport représente une dépense importante pour les personnes qui doivent se déplacer chaque jour. Lorsque deux ou trois personnes se mettent ensemble pour prendre une seule moto et partager le prix de la course, chacun contribue selon ses moyens. C’est une manière de nous aider à faire face à la hausse du coût du transport. Nous savons que ce n’est pas toujours la solution idéale, mais dans les conditions actuelles, beaucoup de personnes sont obligées de chercher des moyens pour économiser leur argent », a témoigné un passager.

Le phénomène ne se limite toutefois pas aux quartiers périphériques de Butembo. Le Mushambiko est également observé sur plusieurs axes de transport, notamment entre Beni et Butembo, où des passagers peuvent être amenés à partager une même course afin d’en réduire le coût. Cette pratique traduit ainsi l’adaptation des usagers du transport aux difficultés économiques, mais elle soulève également des interrogations sur les conditions dans lesquelles ces trajets sont effectués.

Dans un contexte marqué par la circulation du virus Ebola dans le Grand Nord-Kivu, cette pratique de transport partagé mérite notamment une attention particulière du point de vue sanitaire. Les risques éventuels liés à la promiscuité dans ces moyens de transport et les mesures de prévention à observer feront l’objet d’un prochain volet, avec l’éclairage d’un professionnel de santé.

Esperanza Sindani.

Tags : # Actualité # Butembo # Nord-Kivu # RDC

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