La consommation et la commercialisation des aphrodisiaques prennent de plus en plus de l’ampleur en ville de Butembo, où cette pratique tend progressivement à s’installer comme une véritable culture. Selon plusieurs témoignages recueillis dans la ville, une grande partie des consommateurs affirme rechercher avant tout le plaisir sexuel et la performance, tandis que les vendeurs, eux, disent répondre à une demande croissante de leur clientèle.
Dans ce dossier réalisé par la rédaction centrale de RTEE KIVU, certains consommateurs reconnaissent une forme de dépendance aux substances stimulantes, qu’elles soient issues de plantes, d’aliments ou de produits supposés améliorer les performances sexuelles. C’est le cas d'une personne qui a témoigné sous anonymat, qui affirme avoir intégré ces produits dans ses habitudes.
« Je consomme régulièrement des aphrodisiaques. Cela est devenu une habitude pour moi, car je recherche toujours une meilleure performance sexuelle. J’ai commencé par curiosité, mais aujourd’hui, je me rends compte que je ne peux plus m’en passer. J’utilise différentes substances, qu’il s’agisse de plantes, d’aliments ou de boissons. C’est devenu une sorte de dépendance dans ma vie intime », témoigne-t-il.
Du côté des vendeurs, la logique est avant tout commerciale, même si certains affirment répondre à une demande réelle de la population. Ils soutiennent que leur activité s’inscrit dans un contexte où les consommateurs recherchent activement ces produits, considérés par certains comme des solutions rapides aux problèmes de performance sexuelle.
« Nous ne faisons que répondre aux besoins de nos clients. Les gens viennent eux-mêmes demander ces produits. Notre rôle est de leur proposer ce qui est disponible, qu’il s’agisse de produits naturels ou d’autres préparations. Tant qu’il y a la demande, nous devons aussi assurer l’offre », confie un marchand rencontré dans la rue de la ville de Butembo.
Face à cette tendance, les professionnels de la santé tirent la sonnette d’alarme. Le docteur Mutimo Jeannot Waboniface, phytothérapeute au Centre Hospitalier Believe Power, déconseille formellement la consommation de tout stimulant sexuel sans avis médical préalable, en raison des risques potentiels sur la santé.
« La prise d’aphrodisiaques sans encadrement médical peut entraîner de graves conséquences sur l’organisme. Beaucoup de personnes consomment ces produits sans connaître leur composition ni leurs effets secondaires. Nous recommandons fortement une consultation médicale avant toute utilisation. Il est important de comprendre que certains produits peuvent provoquer des complications cardiovasculaires, hormonales ou psychologiques lorsqu’ils sont mal utilisés ou consommés de manière abusive », explique le spécialiste.
Les experts de santé rappellent par ailleurs qu’il existe généralement deux grandes catégories d’aphrodisiaques : les produits naturels, issus de l’alimentation ou de la phytothérapie, et les substances médicamenteuses, qui nécessitent souvent une prescription médicale. Ils insistent sur la nécessité d’une meilleure sensibilisation de la population afin de limiter les risques liés à l’automédication et à la consommation incontrôlée de ces substances.
Dans un contexte où les habitudes de consommation évoluent rapidement à Butembo, les autorités sanitaires et les acteurs communautaires sont appelés à intensifier les campagnes de sensibilisation sur les dangers liés à l’usage abusif des aphrodisiaques, afin de protéger la santé publique.