BUTEMBO : environ trois structures sanitaires fermées à Vutsundo sur fond de menaces liées à Ebola

BUTEMBO : environ trois structures sanitaires fermées à Vutsundo sur fond de menaces liées à Ebola

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Ghislain Lukambo

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Environ trois structures sanitaires auraient fermé leurs portes dans le quartier Vutsundo, en commune de Kimemi, à Butembo. Cette fermeture intervient dans un contexte de tensions et de résistance autour de la riposte contre la maladie à virus Ebola. Selon les informations recueillies, des menaces auraient été proférées contre des personnels soignants ainsi que contre certaines infrastructures sanitaires.

Cette situation inquiète les acteurs communautaires qui redoutent ses conséquences sur l’accès de la population aux soins de santé. Pour eux, la fermeture des structures sanitaires ne constitue pas seulement un problème dans le cadre de la riposte contre Ebola, mais risque également de priver les habitants de soins nécessaires pour d’autres maladies.

C’est dans ce contexte que l’acteur communautaire Thomas Mulongo, interrogé ce jeudi 13 août 2026 par la RTEE Kivu, appelle la population au calme et au bon sens. Il demande notamment aux personnes qui s’opposent aux activités de la riposte de ne pas s’en prendre aux professionnels de santé ni aux structures sanitaires.

« La fermeture de ces structures sanitaires est un grand risque pour notre communauté. Nous devons comprendre qu’avant Ebola, pendant Ebola et même après Ebola, les médecins, les infirmiers et toutes ces structures sanitaires resteront les nôtres. Nous aurons toujours besoin d’eux pour prendre en charge les autres maladies. S’en prendre aux soignants ou aux infrastructures, c’est finalement se priver nous-mêmes d’un service dont nous avons besoin chaque jour. Nous appelons donc la population à revenir au bon sens et à protéger ces structures », alerte Thomas Mulongo.

L’acteur communautaire estime que les divergences autour de la maladie à virus Ebola ne devraient en aucun cas conduire à des menaces ou à des actes susceptibles de perturber le fonctionnement du système de santé. Il appelle également les professionnels de santé à faire preuve de responsabilité et à respecter les règles de leur profession face aux difficultés rencontrées dans le cadre de la riposte. Selon lui, les tensions observées dans la communauté ne doivent pas davantage fragiliser l’offre de soins.

« Nous appelons également les soignants à respecter leur déontologie professionnelle. Même lorsque les conditions deviennent difficiles, il faut privilégier le dialogue et les mécanismes prévus pour résoudre les problèmes. Nous avons déjà vu, dans certaines situations notamment en Ituri, les conséquences que peuvent avoir les tensions autour de la riposte. Nous ne voulons pas connaître une situation où notre propre communauté serait lourdement frappée parce que les services de santé ont été paralysés. Chacun doit donc prendre ses responsabilités pour préserver la vie humaine », insiste-t-il.

Cette situation intervient alors que la maladie à virus Ebola continue de circuler dans la communauté à Butembo. Des poches de résistance sont encore signalées dans plusieurs parties de la ville, compliquant les efforts des équipes sanitaires engagées dans la riposte.

La multiplication des décès liés à la maladie renforce par ailleurs les inquiétudes des acteurs communautaires, qui appellent à une meilleure collaboration entre la population, les professionnels de santé et les équipes de riposte.

Pour Thomas Mulongo, la protection des structures sanitaires doit ainsi devenir une responsabilité collective. Il estime que la population doit pouvoir continuer à accéder aux soins, même pendant la période de circulation du virus Ebola.

La priorité reste donc, selon les acteurs communautaires, de rétablir la confiance, de protéger les personnels de santé et de maintenir ouverts les services indispensables à la prise en charge de la population.

GHISLAIN LUKAMBO, depuis Butembo.

Tags : # Actualité # Nord-Kivu # RDC

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