Trois ans après les violentes manifestations de juillet 2022 dirigées contre la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), les familles des victimes à Butembo continuent de réclamer justice et réparation. Dans une correspondance adressée aux autorités provinciales, elles dénoncent l’absence de suite concrète aux engagements annoncés à l’époque.
Les plaignants, regroupés au sein d’un collectif de familles endeuillées, affirment vivre toujours dans l’attente d’une reconnaissance effective des préjudices subis. Parmi leurs revendications figurent notamment le remboursement des frais liés aux funérailles, y compris les cercueils et les vêtements utilisés lors des obsèques, ainsi qu’un accompagnement moral et matériel.
« Aucun engagement n’a été honoré jusqu’à présent », déplore Gérôme Malule, porte-parole des victimes.
Selon lui, les promesses faites dans le cadre de l’apaisement post-crise n’ont pas été suivies d’effets, laissant les familles dans une situation de frustration persistante.
Les événements du 26 juillet 2022 avaient dégénéré en violences meurtrières lors d’une marche spontanée ayant ciblé une base onusienne à Butembo. Selon les bilans rapportés à l’époque, 11 personnes avaient perdu la vie au cours de ces incidents, qui avaient également provoqué des dégâts matériels importants et un climat de tension dans la ville.
Depuis, les familles des victimes affirment ne pas avoir obtenu de justice réparatrice à la hauteur des pertes subies. Elles appellent désormais les autorités provinciales et nationales à rouvrir le dossier afin de clarifier les responsabilités et d’accélérer le processus d’indemnisation.
Dans la ville de Butembo, cette situation continue d’alimenter un sentiment d’inachevé autour de ces événements, considérés par plusieurs acteurs locaux comme un épisode douloureux de l’histoire récente. Des défenseurs des droits humains estiment que le traitement de ce dossier pourrait contribuer à restaurer la confiance entre la population et les institutions.
En attendant une réponse officielle, les familles endeuillées poursuivent leur mobilisation, déterminées à obtenir ce qu’elles qualifient de « justice réparatrice », trois ans après les faits.