Alors que la population de Butembo est saluée par certains professionnels de santé pour son respect des mesures barrières contre la maladie à virus Ebola (MVE), les soignants estiment que des efforts doivent encore être consentis en matière d'enterrements dignes et sécurisés. Le Dr Emery Kavunga, médecin traitant au Centre hospitalier La Colombe de Rughenda, rappelle que cette pratique demeure un élément essentiel pour interrompre la chaîne de transmission du virus.
Selon le médecin, la sensibilisation menée ces dernières semaines commence à produire des résultats encourageants. Le lavage régulier des mains, l'évitement des contacts à risque, la déclaration rapide des cas suspects et le respect des recommandations des équipes de riposte sont progressivement adoptés par une grande partie de la population.
Toutefois, le Dr Emery Kavunga souligne que le risque de contamination demeure élevé lors de la manipulation des corps des personnes décédées de la maladie à virus Ebola. Il explique que le virus reste présent dans les liquides biologiques après le décès et que tout contact direct avec un corps infecté peut entraîner une nouvelle chaîne de transmission.
« Nous apprécions les efforts fournis par la population dans le respect des mesures barrières. Beaucoup de personnes ont compris l'importance du lavage des mains, de l'hygiène et de la collaboration avec les équipes sanitaires. Cependant, nous devons renforcer la sensibilisation sur les enterrements dignes et sécurisés. Une personne décédée de la maladie à virus Ebola peut encore transmettre le virus, car celui-ci demeure présent dans le corps. Toute manipulation sans les mesures de protection appropriées expose les proches à un risque élevé de contamination », a expliqué le Dr Emery Kavunga, médecin traitant au Centre hospitalier La Colombe de Rughenda.
Le praticien rappelle que certaines pratiques culturelles ou traditionnelles, notamment le contact direct avec le corps du défunt pour lui rendre un dernier hommage, peuvent favoriser la propagation de la maladie lorsqu'elles sont effectuées en dehors des protocoles sanitaires établis. Il insiste sur la nécessité de concilier le respect des traditions avec les exigences de santé publique. Selon lui, les équipes spécialisées dans les enterrements dignes et sécurisés sont formées pour accomplir cette mission tout en respectant la dignité des familles et des personnes décédées.
« L'enterrement digne et sécurisé ne consiste pas à priver les familles de leur droit de rendre hommage à leurs proches. Il vise avant tout à protéger les vivants contre une maladie extrêmement contagieuse. Nous invitons la population à faire confiance aux équipes de riposte et à éviter toute manipulation non sécurisée des corps. En respectant ces mesures, chacun contribue à sauver des vies et à limiter la propagation de l'épidémie », a insisté le Dr Emery Kavunga.
Les professionnels de santé rappellent que plusieurs contaminations enregistrées lors des précédentes flambées d'Ebola dans la région étaient liées au non-respect des procédures d'enterrement sécurisé. Ils appellent ainsi les leaders communautaires, les responsables religieux et les familles à poursuivre les efforts de sensibilisation afin de renforcer l'adhésion de la population aux mesures de prévention et de mettre fin à la propagation de la maladie.