Le docteur Emery recommande une meilleure hygiène de vie et une alimentation équilibrée pour prévenir les risques sanitaires liés aux métiers poussiéreux
Les travailleurs évoluant dans des environnements poussiéreux sont appelés à abandonner la consommation d’alcool et d’autres substances stupéfiantes comme moyen de soulagement de la fatigue ou de gestion des risques liés à leurs activités professionnelles. Cet appel a été lancé par le docteur Emery, médecin traitant au Centre Hospitalier La Colombe de Rughenda, à Butembo. Cette mise en garde intervient à la suite de récents reportages réalisés par les reporters de la RTEE Kivu dans plusieurs lieux de travail caractérisés par une forte exposition à la poussière. Ces enquêtes ont révélé que de nombreux travailleurs ont recours à l’alcool et à d’autres substances jugées nocives, qu’ils considèrent à tort comme un moyen de récupération après leurs journées de travail.
Selon les observations recueillies sur le terrain, cette pratique serait devenue courante dans certains secteurs, où les travailleurs estiment que ces substances leur permettent de « se reposer » après des efforts physiques intenses. Une attitude que les professionnels de santé qualifient toutefois de dangereuse pour l’organisme. Le docteur Emery Kavunga souligne que ces comportements exposent les travailleurs à des risques sanitaires graves, notamment des maladies respiratoires et des complications chroniques liées à la consommation de substances toxiques, combinées à une exposition prolongée à la poussière.
« L’usage de l’alcool ou d’autres stupéfiants comme moyen de récupération chez les travailleurs exposés à la poussière est une pratique extrêmement risquée. Elle ne fait qu’aggraver l’état de santé général au lieu de le soulager. Ces substances perturbent le fonctionnement normal de l’organisme, fragilisent le système respiratoire et augmentent les risques de maladies chroniques. Nous recommandons vivement aux travailleurs d’adopter une alimentation équilibrée, de respecter les périodes de repos et de suivre strictement les prescriptions médicales lorsqu’elles sont nécessaires. La santé ne doit pas être compromise par des solutions temporaires qui peuvent avoir des conséquences durables. », a expliqué le docteur Emery.
Dans son approche, le médecin insiste sur la nécessité de promouvoir des alternatives saines, notamment une meilleure hygiène de vie, un suivi médical régulier et des activités de détente adaptées, prescrites dans certains cas par les professionnels de santé.
« Il existe des solutions simples et efficaces pour améliorer la récupération après le travail. Une alimentation riche et équilibrée, un repos suffisant et des moments de détente encadrés peuvent aider les travailleurs à mieux supporter les contraintes de leurs métiers. L’alcool et les stupéfiants ne doivent en aucun cas être considérés comme des remèdes, car ils créent une dépendance et aggravent les problèmes de santé. Notre rôle est d’accompagner ces travailleurs vers des pratiques plus sûres et plus responsables pour préserver leur bien-être sur le long terme. », a-t-il ajouté.
De leur côté, plusieurs travailleurs interrogés dans ces milieux reconnaissent les risques liés à leurs conditions de travail. Ils admettent notamment être exposés à des maladies pulmonaires et autres affections respiratoires dues à la poussière et aux mauvaises conditions de travail. Certains d’entre eux affirment avoir pris conscience des dangers liés à l’usage des substances nocives et promettent désormais de suivre les recommandations des professionnels de santé afin de préserver leur santé et leur avenir.
Cette prise de conscience est perçue comme un premier pas vers l’amélioration des conditions de travail dans les secteurs exposés, où les risques sanitaires restent encore élevés.
BABACAR VIKWA depuis Butembo