BUTEMBO : des nouveaux couples dénoncent une double taxation lors de la célébration des mariages civils à la commune Bulengera

BUTEMBO : des nouveaux couples dénoncent une double taxation lors de la célébration des mariages civils à la commune Bulengera

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Ghislain Lukambo

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Des couples récemment mariés à l’état civil de la commune de Bulengera dénoncent une situation qui les aurait contraints à payer deux fois certains frais liés à la célébration de leur mariage civil. Les faits auraient été enregistrés vers la fin du mois de juillet et au début du mois d’août 2026, dans un contexte marqué par la suspension de plusieurs agents affectés au service de l’état civil.

Selon les témoignages recueillis par la RTEE Kivu, certains couples auraient été invités à effectuer un second paiement alors qu’ils affirment avoir déjà acquitté les frais requis plusieurs jours avant la date prévue pour leur mariage. Cette situation aurait provoqué des tensions et, dans certains cas, perturbé la célébration de mariages civils.

L’une des victimes, qui a requis l’anonymat, affirme avoir vécu cette situation lors de son mariage célébré le 30 juillet 2026 à la commune Bulengera. D’après son témoignage, une discussion de près de deux heures aurait opposé les concernés aux responsables du service avant qu’ils ne soient finalement contraints de payer une nouvelle fois.

« Nous étions déjà venus pour notre mariage et nous avions effectué le paiement bien avant la date de la célébration. Mais lorsque nous sommes arrivés le jour prévu, on nous a demandé de payer encore une fois avant de pouvoir entrer dans la salle de l’état civil. Nous avons essayé d’expliquer que les frais avaient déjà été payés, mais la discussion a duré près de deux heures. Nous étions vraiment frustrés, parce que nous étions venus pour célébrer un événement important de notre vie et nous nous sommes retrouvés confrontés à un nouveau problème financier », témoigne cette victime.

Selon cette même source, le premier paiement aurait été effectué 14 jours avant la célébration du mariage. Le couple affirme donc ne pas comprendre pourquoi un nouveau paiement lui aurait été exigé le jour de la cérémonie.

« Le premier paiement avait été effectué quatorze jours avant notre mariage. Nous avions respecté ce qui nous avait été demandé et nous pensions que tout était déjà en ordre. Mais le jour de la célébration, on nous a encore demandé de payer. Nous avons dû chercher une solution sur place pour ne pas compromettre notre mariage. Cette situation nous a beaucoup frustrés, parce que nous ne savions plus à qui faire confiance ni pourquoi nous devions payer deux fois pour le même service », poursuit la victime.

Ces incidents interviennent quelques jours après la décision du bourgmestre de la commune Bulengera de suspendre quatre agents du service de l’état civil, parmi lesquels le préposé. Des soupçons de détournement pèseraient sur ces agents, selon les informations recueillies.

La suspension, prononcée pour une durée de trois mois, aurait notamment été motivée par des irrégularités présumées dans la gestion des ressources liées au fonctionnement du service de l’état civil.

Certaines personnes mises en cause reconnaîtraient des fautes, tandis que d’autres soutiendraient que l’autorité municipale aurait été informée de certaines opérations relatives à la canalisation des ressources. Ces versions contradictoires alimentent davantage les interrogations autour de cette affaire.

Contacté par la RTEE Kivu pour apporter des éclaircissements sur la situation et les mesures prises contre les agents concernés, le bourgmestre de Bulengera n’a pas souhaité s’exprimer.

De son côté, Bwana Kawa Martin, inspecteur provincial de la territoriale, antenne de Butembo, apporte son soutien à la sanction prise par l’autorité municipale. Il appelle cependant la population à privilégier les voies légales lorsqu’elle est confrontée à des problèmes liés aux services de l’État et au paiement des taxes ou autres frais administratifs.

« Lorsqu’un citoyen est confronté à une difficulté dans un service public, notamment lorsqu’il s’agit des questions fiscales ou des paiements exigés par l’administration, il doit privilégier les voies légales et saisir les services compétents. Il faut éviter les arrangements qui peuvent conduire à des incompréhensions. Les citoyens doivent demander des preuves de paiement et conserver leurs documents afin de pouvoir faire valoir leurs droits en cas de contestation », recommande Bwana Kawa Martin.

Cette affaire soulève ainsi la question de la transparence dans la gestion des services de l’état civil, particulièrement lorsqu’il s’agit des prestations payantes. Pour les couples concernés, la priorité reste désormais d’obtenir des explications sur les paiements effectués et, le cas échéant, la restitution des sommes qui auraient été indûment perçues. La suspension des quatre agents, y compris le préposé à l’état civil, reste en vigueur pour trois mois. Les suites administratives ou judiciaires de cette affaire pourraient permettre de déterminer les responsabilités dans les irrégularités dénoncées.

En attendant, les usagers des services de l’état civil sont invités à conserver soigneusement leurs reçus et autres preuves de paiement afin d’éviter d’éventuelles contestations lors de leurs démarches administratives.

GHISLAIN LUKAMBO, depuis Butembo.

Tags : # Actualité # Nord-Kivu # RDC

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