Des représentants de la société civile, des cadres de l'administration locale et des éléments de la Police nationale congolaise ont pris part, à Butembo, à un atelier de renforcement des capacités consacré à la prévention et à la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits ainsi que d'autres crimes graves. Organisée par l'ONG Great Lakes Human Rights Program (GLHRP), en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), cette activité s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des victimes de crimes contre la paix et la sécurité de l'humanité (FONAREV). Les organisateurs estiment que l'implication des communautés demeure un levier essentiel pour prévenir ces violences et améliorer la prise en charge des victimes dans une région marquée par près de trois décennies de conflits armés.
Pendant deux jours, les participants ont bénéficié de plusieurs modules portant sur les violences sexuelles liées aux conflits, les mécanismes de documentation des violations des droits humains, les procédures de référencement des survivants ainsi que les stratégies de protection des victimes et des témoins. Les échanges ont également permis de renforcer les connaissances des acteurs locaux sur leur rôle dans la prévention des violences et dans l'accompagnement des personnes affectées.
Coordonnateur de l'ONG Great Lakes Human Rights Program basé à Beni, Maître Jackson Kisenga a rappelé que les violences sexuelles commises dans les zones de conflit demeurent l'une des conséquences les plus dramatiques de l'insécurité persistante dans l'Est de la République démocratique du Congo. Selon lui, la lutte contre ce phénomène ne peut produire des résultats durables sans une forte implication des communautés locales.
« Les violences sexuelles liées aux conflits ne détruisent pas seulement les victimes, elles fragilisent également les familles, les communautés et compromettent durablement le développement. Chaque acteur communautaire a un rôle à jouer dans la prévention, l'identification des cas, leur documentation et surtout dans l'orientation rapide des survivants vers les structures compétentes. Une prise en charge holistique, intégrant les dimensions médicale, psychologique, juridique et socio-économique, est indispensable pour restaurer la dignité des victimes. C'est pourquoi nous investissons dans le renforcement des capacités des acteurs de proximité, qui constituent la première ligne de réponse », a déclaré Maître Jackson Kisenga.
Les participants ont, de leur côté, salué la qualité des enseignements reçus. Ils ont indiqué que cette formation leur permettra d'améliorer leurs interventions sur le terrain, notamment en matière de protection des survivants, de collecte des informations et de sensibilisation des communautés sur les mécanismes de prévention des violences sexuelles. Plusieurs intervenants ont également insisté sur la nécessité de renforcer la collaboration entre les organisations de la société civile, les services de sécurité, les autorités administratives et les structures sanitaires afin d'assurer une réponse coordonnée face aux cas de violences liées aux conflits.
« Cette formation nous donne des outils pratiques pour mieux remplir notre mission auprès des populations. Nous comprenons désormais davantage l'importance de documenter correctement les faits, de respecter la confidentialité des victimes et de travailler en synergie avec les autres acteurs. Nous repartons avec la responsabilité de sensibiliser nos communautés afin de prévenir ces violences et d'accompagner efficacement les survivants vers les services appropriés », ont déclaré plusieurs participants à l'issue des travaux.
Organisé dans la salle de réunion de la SAFDF à Butembo, cet atelier s'est clôturé sur une note de satisfaction générale. Les facilitateurs ont souligné la participation active des bénéficiaires tout au long des échanges et ont réaffirmé leur volonté de poursuivre les actions de renforcement des capacités dans d'autres entités de la province du Nord-Kivu.
À travers cette initiative appuyée par le PNUD dans le cadre du FONAREV, les organisateurs espèrent contribuer au renforcement des mécanismes communautaires de prévention, de protection et de prise en charge des victimes, tout en consolidant la lutte contre l'impunité des auteurs de violences sexuelles liées aux conflits armés.