Le déversement des déchets sur les rives des rivières et ruisseaux de la ville de Butembo, sous prétexte de lutter contre les érosions et éboulements des terres, est une pratique locale, mais aux conséquences régionales. L'alerte a été lancée mercredi 26 août 2026 à Butembo (Nord-Kivu), par l'écologiste AMOS MUTALI, agent stagiaire au sein du Forum Congolais de la société civile du Bassin du Nil (FCBN/RDC), une plateforme composée de 10 pays.
La situation est déplorée dans plusieurs endroits de la ville. Mais l'endroit qui attire le plus l'attention de plusieurs, est situé sur le tronçon Pont Londo, à proximité du bosquet de Denis Paluku. L'endroit est devenu un déversoir des déchets, qui proviennent généralement du centre-ville.
Ce sont généralement des déchets plastiques, non biodégradables. Toutes ces pratiques constituent une menace directe pour tout l'écosystème du Bassin du Nil, dont la RDC est membre, alerte l'écologiste AMOS.

l'écologiste AMOS MUTALI
Sur place, les usagers de l'axe ci-haut cité, ont des avis quasi partagés. Mais, la plupart réfutent l'idée reçue selon laquelle ces immondices luttent contre les érosions, sur les rives des rivières et ruisseaux.
« Ces déchets ne peuvent pas aider à combattre les érosions. Ils exposent à des maladies. Ils produisent des odeurs nauséabondes. Aussi, la crue de la rivière pendant les fortes pluies les emporte, et polluent davantage », pensent certains usagers du tronçon London-pont Demobe.
L'une des 5 personnes abordées, pensent quant à lui que les riverains de la rivière Kimemi cherchent des solutions sur tous les plans.
« Pour tenter de protéger leurs parcelles, menacées par les érosions, les riverains de la Kimemi croient qu'après avoir entassé les déchets dans les endroits menaces, ils peuvent atténuer la catastrophe naturelle. Aussi, la ville n'a pas exactement de poubelle publique dûment érigée. Ce qui fait que les déchets, bio ou non biodégradables, sont gérés partout », a confié cet habitant.
Face à ce défi écologique, la Radio ELIMU et la RTEEKIVU, ont rencontré AMOS MUTALI, chercheur écologiste et agent stagiaire au forum du Bassin du Nil) RDC. A l'en croire, utiliser les déchets comme mur antiérosif est une aberration écologique grave. D'où sa proposition scientifique et durable :
« Il faut des plantes aux racines qui solidifient les berges, comme les bambous. 3 à 4 bambous bien plantés solidifient le sol au fur et à mesure qu'ils grandissent. Il faut impérativement une campagne communautaire, pour espérer parvenir à retirer ces déchets, les identifier, restaurer progressivement les berges de la rivière Kimemi et amener la communauté à adopter les bonnes pratiques pour la protection des écosystèmes, notamment les ressources en eau », explique AMOS MUTALI.
Sachez que Le FCBN, dont la mission est la protection de l'environnement et la bonne gestion des ressources en eau du Bassin du Nil, appelle les autorités urbaines et les opérateurs économiques, à agir. Car, les rivières de la ville de Butembo, dont la Kimemi, sont des affluents du bassin du Nil. La pollution de celle-ci à partir de Butembo, devient automatiquement transfrontalière, conclut le chercheur.
Reportage Ghislain Lukambo depuis Butembo