Tout être humain peut être amené à rêver, mais la signification accordée aux rêves varie selon les convictions et les approches. À Butembo, à l’occasion de la Journée mondiale du rêve, célébrée le 25 septembre de chaque année, la RTEE Kivu a recueilli les points de vue de Baliwa Nassor, représentant légal du Centre de Réveil Spirituel, CRS, et d’Érasme Kakirania, psychologue clinicien à l’Hôpital Général de Référence de Katwa. Si le responsable religieux associe certains rêves à une dimension spirituelle, le psychologue les analyse davantage à partir du vécu quotidien et met en garde contre une interprétation systématique des cauchemars.

Pasteur Baliwa Nassor
Selon Baliwa Nassor, les rêves peuvent être compris, dans une perspective religieuse, comme étant liés soit à une dimension spirituelle divine, soit à une dimension qu’il qualifie de satanique. Il estime toutefois que leur interprétation ne devrait pas être confiée à n’importe qui.
« Dans notre compréhension spirituelle, le rêve peut avoir une origine et une signification qui dépassent parfois le simple vécu de la personne. Certains rêves peuvent être considérés comme des inspirations venant du monde spirituel, tandis que d’autres peuvent être associés à une dimension satanique. Mais il faut être très prudent dans l’interprétation. Une personne ne doit pas courir vers n’importe quel interprète ou charlatan pour chercher à comprendre ce qu’elle a vu pendant son sommeil. Cette interprétation doit être faite avec discernement et, dans notre conception, avec l’accompagnement de personnes spirituellement inspirées », a expliqué Baliwa Nassor.
Une lecture différente est proposée par Érasme Kakirania. Le psychologue clinicien estime que de nombreux rêves peuvent être liés aux expériences, préoccupations et événements vécus au quotidien.

Le psychologue clinicien Erasme Kakirania
Il déconseille ainsi de chercher systématiquement une dimension particulière derrière chaque rêve, surtout lorsqu’il s’agit de cauchemars.
« Le rêve peut être en rapport avec ce que la personne vit dans sa vie quotidienne. Nous avons des préoccupations, des expériences, des émotions et parfois des événements qui nous marquent, et certains de ces éléments peuvent se retrouver dans nos rêves. Il faut donc éviter de mystifier systématiquement tout ce que nous voyons pendant notre sommeil. Lorsqu’une personne commence à donner une signification inquiétante à chaque cauchemar et à s’y attarder constamment, cela peut renforcer l’angoisse et affecter son équilibre psychologique. Il est important de prendre du recul et, lorsqu’une situation devient préoccupante, de pouvoir en parler à un professionnel », a expliqué Érasme Kakirania.
Les deux interlocuteurs convergent toutefois sur la nécessité de faire preuve de prudence face aux interprétations abusives des rêves. Alors que Baliwa Nassor privilégie un accompagnement spirituel dans la compréhension de certains rêves, Érasme Kakirania recommande de ne pas laisser les cauchemars ou les interprétations anxiogènes perturber la vie quotidienne.
Pour rappel, la Journée mondiale du rêve est célébrée chaque 25 septembre. Elle met notamment en avant les idées, les aspirations et les objectifs, en encourageant les individus, les familles, les écoles et les organisations à exprimer et à partager leurs rêves et leurs projets.
Babacar Vikwa, Butembo.