Butembo : avortement médicalisé, le docteur Emery Kavunga revient sur les cas prévus par la loi

Butembo : avortement médicalisé, le docteur Emery Kavunga revient sur les cas prévus par la loi

V

Vikwa Babacar

113 0

La Journée mondiale pour le droit à l’avortement est célébrée chaque 28 septembre. À Butembo, la RTEE Kivu s’est intéressée aux circonstances dans lesquelles l’interruption d’une grossesse peut être pratiquée dans le cadre prévu par la législation et les protocoles de santé en République démocratique du Congo. Le docteur Emery Kavunga, médecin au Centre Hospitalier La Colombe de Rughenda, évoque notamment les cas de viol, d’inceste et les situations où la poursuite de la grossesse met en danger la vie de la femme.

À en croire ce médecin, la prise en charge doit se faire dans un cadre médical approprié, confidentiel et respectueux de la personne concernée. La réglementation congolaise prévoit notamment des exceptions à l’interdiction de l’avortement lorsque la sauvegarde de la vie de la femme enceinte est en jeu ou lorsque la grossesse résulte d’un viol ou d’une relation incestueuse, à la demande expresse de la femme concernée.

« L’interruption d’une grossesse ne doit pas être pratiquée dans n’importe quelles conditions. Lorsqu’elle est indiquée dans le cadre prévu par la loi et les protocoles médicaux, elle doit être prise en charge par des professionnels compétents, dans un environnement approprié et avec la confidentialité nécessaire. Dans les situations de viol ou d’inceste, mais également lorsque la poursuite de la grossesse met en danger la vie de la femme, la priorité est de protéger la santé et la vie de la patiente, tout en respectant les procédures médicales et légales », a expliqué le docteur Emery Kavunga.

Le médecin insiste également sur la nécessité d’éviter la stigmatisation des femmes confrontées à ces situations. Il rappelle que les décisions médicales doivent être prises dans un cadre professionnel et conformément aux normes applicables. L’Organisation mondiale de la Santé souligne par ailleurs que l’avortement est une intervention sûre lorsqu’il est réalisé selon une méthode recommandée, adaptée à la durée de la grossesse et par une personne disposant des compétences nécessaires.

« La question doit être abordée avec beaucoup de responsabilité et sans jugement. Lorsqu’une femme se trouve dans une situation prévue par le cadre légal et médical, elle doit pouvoir être orientée vers des professionnels capables de lui fournir les informations et les soins appropriés. Il ne faut surtout pas recourir à des méthodes dangereuses ou à l’automédication. Le rôle du médecin est d’évaluer la situation, de protéger la santé de la patiente et d’agir conformément à la déontologie, aux protocoles médicaux et aux dispositions légales en vigueur », a précisé le docteur Emery Kavunga.

S’agissant des considérations religieuses qui s’opposent à toute interruption de grossesse, le médecin explique que certaines situations médicales nécessitent une prise de décision centrée sur la sauvegarde de la vie de la femme. Il estime que cette question doit être abordée dans le respect des convictions de chacun, tout en distinguant les considérations religieuses du cadre médical et juridique.

La Journée mondiale pour le droit à l’avortement est notamment consacrée aux questions d’accès aux services d’interruption de grossesse et de prévention des avortements non sécurisés. L’OMS souligne que les avortements pratiqués dans de mauvaises conditions de sécurité peuvent entraîner des complications graves et contribuer à la mortalité et à la morbidité maternelles.

Babacar Vikwa depuis Butembo

Tags : # Actualité # Butembo # Nord-Kivu # RDC

Articles similaires