La Journée internationale de la musique est célébrée ce jeudi 1er octobre 2026. À Butembo, l'artiste musicien Serge Fury Ndaliko a profité de l'occasion pour réitérer son engagement à chanter pour la paix dans la région, une cause qu'il défend à travers ses compositions depuis plus de trente ans.
Forte d'une carrière de plus de trois décennies, cette figure de la scène musicale butembienne confirme sa détermination à contribuer, par son art, au retour de la paix dans une région meurtrie par l'insécurité. Pour lui, la musique reste un outil puissant de rassemblement, capable de porter des messages d'espoir là où les discours peinent parfois à atteindre les cœurs.
« Cela fait plus de trente ans que je fais de la musique, et mon engagement n'a pas changé : chanter pour la paix de notre région. Nous vivons dans un coin du pays qui a trop souffert, et l'artiste a le devoir d'accompagner son peuple. La musique rassemble, elle console, elle réveille les consciences. C'est pourquoi je continue, aujourd'hui comme hier, à mettre mon talent au service de la paix », a affirmé Serge Fury Ndaliko.
L'artiste confie toutefois une crainte : celle de voir la nouvelle génération de musiciens se détourner des sujets de fond pour se cantonner à des thèmes futiles, par peur d'être victimes des ennemis de la paix. Un risque qui, selon lui, prive la société d'une voix essentielle dans le contexte actuel.
« Ce qui m'inquiète, c'est de voir des jeunes artistes éviter les messages qui comptent par peur d'être menacés ou pris pour cibles par les ennemis de la paix, et se réfugier dans des chansons sans portée. Je comprends cette peur, mais l'artiste ne doit pas se taire quand l'intérêt général est en jeu. Mourir pour l'intérêt général vaut mieux que toute chose. Notre rôle est de dire la vérité et d'appeler à la paix, même quand cela comporte des risques », a-t-il insisté.
À travers cet appel, Serge Fury Ndaliko invite ses cadets à assumer pleinement la responsabilité sociale de l'artiste et à faire de la musique un instrument au service de la cohésion et de la paix, plutôt qu'un simple divertissement.
Instaurée par l'UNESCO en 1975 et créée à l'initiative du violoniste Yehudi Menuhin, la Journée internationale de la musique vise à promouvoir la paix par la musique. Pour les acteurs culturels de Butembo, elle rappelle que, dans une région en quête de stabilité, l'art peut contribuer à la réconciliation et à l'espoir.
Babacar Vikwa, depuis Butembo