Butembo : à l'occasion de la Journée contre le gaspillage alimentaire, maris et épouses se renvoient la responsabilité dans les foyers

Butembo : à l'occasion de la Journée contre le gaspillage alimentaire, maris et épouses se renvoient la responsabilité dans les foyers

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Yassin K.

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La Journée internationale de sensibilisation aux pertes et gaspillages de nourriture est célébrée ce mardi 29 septembre 2026. À Butembo, dans plusieurs foyers, le gaspillage alimentaire figure parmi les faiblesses que les maris reprochent à leurs épouses. Celles-ci, de leur côté, se défendent en invoquant la générosité qui caractérise la femme.

Kambale Charles Lwanga, comme d'autres chefs de famille rencontrés en marge de cette journée, accuse les épouses d'être à l'origine du gaspillage de nourriture dans les foyers. Selon lui, le sujet reste délicat à aborder, car tout mari qui tente de dénoncer ou d'interdire ces pratiques est aussitôt perçu comme quelqu'un qui refuse de partager avec les autres.

« Dans beaucoup de foyers, ce sont les mamans qui gèrent la cuisine, et c'est là que la nourriture se perd le plus. On prépare en trop, on sert en trop, et le reste finit par être jeté. Mais quand un mari en parle ou essaie d'y mettre de l'ordre, on dit tout de suite qu'il est égoïste, qu'il ne veut pas partager avec les autres. C'est difficile, parce que nous voulons simplement que ce que nous avons acheté avec tant de peine ne soit pas perdu », a déploré Kambale Charles Lwanga.

En réaction, Eveline Kavira reconnaît que ce comportement existe, et admet en faire elle-même partie. Elle l'explique toutefois par la générosité propre à toute femme, qui pousse à préparer et à donner abondamment, que ce soit pour la famille, les voisins ou les visiteurs.

« Je ne vais pas dire que cela n'arrive pas, car moi aussi, je suis concernée. Mais il faut comprendre que la femme a un cœur généreux. Quand elle cuisine, elle pense à toute la famille, aux enfants, mais aussi à l'invité qui peut arriver ou au voisin qui n'a rien à manger. Ce n'est pas par mauvaise volonté qu'on prépare beaucoup. C'est plutôt notre façon de donner et de ne laisser personne sans repas », a-t-elle expliqué.

Entre reproches des uns et justifications des autres, ce débat domestique met en lumière une réalité plus large : la gestion de la nourriture au sein des ménages, dans un contexte où le coût de la vie pèse lourd sur le pouvoir d'achat des familles butembiennes.

Instaurée en 2020 par l'Organisation des Nations unies (ONU), cette journée est l'occasion de rappeler, chaque 29 septembre, que la lutte contre le gaspillage alimentaire constitue un levier pour améliorer le pouvoir d'achat. Pour les foyers de Butembo, elle invite à un dialogue entre époux, afin de concilier sens du partage et bonne gestion des vivres.

Babacar Vikwa

Tags : # Actualité # Butembo # Nord-Kivu # RDC

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