BUTEMBO : à la veille du 66ᵉ anniversaire de l'indépendance, l’historien KAMBALE KIKONDE appelle les Congolais à une réflexion sur la gouvernance

BUTEMBO : à la veille du 66ᵉ anniversaire de l'indépendance, l’historien KAMBALE KIKONDE appelle les Congolais à une réflexion sur la gouvernance

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Ghislain Lukambo

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À la veille de la célébration du 66ᵉ anniversaire de l'accession de la République démocratique du Congo à la souveraineté nationale et internationale, prévue ce mardi 30 juin 2026, les réflexions se multiplient sur le parcours du pays depuis son indépendance. À Butembo, l'historien CT Kambale Kikonde estime que la RDC est bel et bien un État indépendant sur les plans politique et économique. Toutefois, selon lui, les difficultés auxquelles le pays est confronté aujourd'hui relèvent davantage des problèmes de gouvernance que du passé colonial.

Dans une interview accordée à la RTEE ce lundi 29 juin, cet historien rappelle que l'indépendance de la RDC s'inscrivait dans le vaste mouvement d'émancipation des peuples africains des années 1960. Il souligne cependant que le pays a accédé à la souveraineté dans un contexte où les futurs dirigeants n'étaient pas suffisamment préparés à assurer la relève de l'administration coloniale.

Selon lui, cette insuffisance dans la préparation des cadres nationaux a eu des conséquences sur la construction de l'État congolais, même si elle ne saurait, à elle seule, expliquer les difficultés actuelles du pays.

« La République démocratique du Congo est réellement indépendante. Cette indépendance a été acquise dans le contexte du grand mouvement de décolonisation qui a traversé l'Afrique. Certes, les Congolais n'étaient pas suffisamment préparés à remplacer immédiatement les administrateurs coloniaux dans tous les secteurs, mais soixante-six ans après, nous ne pouvons plus attribuer tous nos problèmes à la colonisation. Aujourd'hui, la principale question est celle de la gouvernance. Le Congo dispose d'immenses richesses naturelles, de terres fertiles et d'importantes ressources humaines. Si notre pays traverse encore de nombreuses difficultés, c'est avant tout parce que nous n'avons pas toujours fait les meilleurs choix dans la gestion de ces ressources et de nos institutions. »

Pour l'historien, six décennies après l'indépendance, le pays aurait dû atteindre un niveau de développement beaucoup plus avancé au regard de son potentiel économique, agricole, minier et humain. Il estime que les défis actuels devraient pousser les Congolais à une profonde remise en question afin de bâtir des institutions plus fortes et une gouvernance plus responsable.

Il insiste également sur le fait que la commémoration de l'indépendance ne devrait pas se limiter aux cérémonies officielles et aux festivités, mais constituer un moment de réflexion collective sur le chemin parcouru et les défis qui restent à relever.

« Chaque anniversaire de l'indépendance doit nous inviter à nous interroger sur le Congo que nous voulons construire. Il ne suffit pas de célébrer le 30 juin ; il faut également évaluer nos progrès, reconnaître nos erreurs et renforcer notre engagement en faveur du développement. Les générations actuelles ont la responsabilité de bâtir un État plus juste, plus prospère et plus stable. L'avenir du Congo dépend avant tout de la qualité des hommes et des femmes qui le dirigent, mais aussi de l'implication de chaque citoyen dans la construction nationale. »

Alors que la République démocratique du Congo s'apprête à célébrer ses 66 ans d'indépendance, le débat sur le bilan de cette souveraineté demeure d'actualité. Entre les acquis enregistrés depuis 1960 et les nombreux défis qui persistent, plusieurs observateurs estiment que cette commémoration constitue une occasion de renouveler les engagements en faveur de la paix, de la bonne gouvernance et du développement durable.

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