L’Organisation des Nations unies (ONU) célèbre ce samedi 24 octobre 2026 le 81ᵉ anniversaire de sa création. À cette occasion, la RTEE KIVU a rencontré l’historien Kambale Kikonde Faustin pour revenir sur la genèse de cette organisation internationale, son évolution et son rôle dans la recherche de la paix en République démocratique du Congo, notamment à travers la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO).
Créée en 1945, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’ONU avait pour objectif de prévenir de nouveaux conflits internationaux et de favoriser la coopération entre les États. Pour l’historien Kambale Kikonde Faustin, la création de cette organisation répond à la nécessité de tirer les leçons des deux guerres mondiales et de mettre en place un cadre permanent de dialogue entre les nations.
« L’Organisation des Nations unies est née en 1945, dans un contexte international marqué par les conséquences désastreuses des deux guerres mondiales. Les États ont compris qu’il était nécessaire de mettre en place une organisation capable de favoriser le dialogue, de prévenir les conflits et de contribuer au maintien de la paix dans le monde. L’objectif était d’éviter que l’humanité ne connaisse de nouvelles guerres d’une telle ampleur », explique Kambale Kikonde Faustin.
En République démocratique du Congo, la présence des Nations unies remonte à 2001, avec le déploiement de la Mission de l’Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUC), devenue MONUSCO en 2010. Cette mission a notamment été chargée d’accompagner les processus de paix et de contribuer à la protection des populations civiles dans un contexte de conflits armés, particulièrement dans l’est du pays.
« La présence de l’ONU en République démocratique du Congo s’inscrit dans cette logique de rapprochement entre les parties en conflit et d’accompagnement des efforts de paix. Depuis 2001, les Nations unies interviennent dans un contexte particulièrement complexe, marqué par des affrontements armés et des crises récurrentes. Leur mission consiste notamment à soutenir les initiatives de paix et à contribuer à la protection des civils », précise l’historien.
Après environ 25 ans de présence des missions onusiennes en RDC, quel bilan peut-on dresser de leur action ? Pour cet enseignant du département d’histoire, cette question mérite une analyse approfondie, tenant compte des efforts déployés, des résultats obtenus et des difficultés persistantes. La poursuite des violences dans certaines régions du pays alimente notamment les interrogations sur l’efficacité des interventions internationales et les limites de leur mandat.
« Lorsqu’on évalue l’action de la MONUSCO en RDC, il faut tenir compte du contexte dans lequel cette mission a travaillé, mais aussi des attentes des populations. La présence des Casques bleus n’a pas permis de mettre définitivement fin à l’insécurité dans l’est du pays. Cela montre que la recherche de la paix ne dépend pas uniquement de la présence d’une mission internationale, mais nécessite également un engagement des autorités nationales, des acteurs locaux et des différentes parties concernées », souligne-t-il.
Il convient de rappeler que les Casques bleus de la MONUSCO ne sont plus présents à Butembo depuis plusieurs années. Cette évolution de la présence onusienne dans la région relance la question des mécanismes à mettre en place pour consolider la paix et assurer durablement la sécurité des populations dans le Nord-Kivu.
Babacar Vikwa, à Butembo