À Bukavu, la consommation excessive de boissons fortement alcoolisées suscite de plus en plus d’inquiétudes au sein du corps médical. Les professionnels de santé mettent en garde contre les conséquences de cette pratique, notamment sur le foie, les capacités cognitives et le risque de dépendance. Le docteur Bochad Embi, médecin au Centre hospitalier Malikia wa Amani, appelle la population à davantage de vigilance et invite les autorités à renforcer le contrôle des boissons fortement alcoolisées commercialisées dans la ville.
La consommation abusive d’alcool constitue une préoccupation de santé publique à Bukavu. Dans plusieurs milieux, les boissons fortement alcoolisées sont consommées de manière régulière, exposant certains consommateurs à des conséquences importantes sur leur santé.
Pour le docteur Bochad Embi, médecin au Centre hospitalier Malikia wa Amani, les effets d'une consommation excessive d'alcool peuvent progressivement affecter plusieurs organes et fonctions de l'organisme.
Le professionnel de santé cite notamment les maladies du foie parmi les principales conséquences liées à une consommation abusive et prolongée de boissons fortement alcoolisées. Le foie, chargé notamment de métaboliser l’alcool, peut être sérieusement affecté lorsque l’organisme est régulièrement exposé à de grandes quantités d’alcool.
Le médecin attire également l’attention sur les conséquences neurologiques et cognitives. Une consommation excessive peut notamment provoquer des troubles de la mémoire et de la concentration, avec des répercussions sur la vie quotidienne, les activités professionnelles et les relations sociales. Au micro d’Eugide Abalawi, le docteur Bochad Embi appelle donc les habitants de Bukavu à adopter une attitude responsable face à la consommation d’alcool.
« La consommation excessive des boissons fortement alcoolisées peut avoir de graves conséquences sur la santé. Nous constatons notamment des problèmes liés au foie, mais aussi des troubles qui peuvent toucher la mémoire et la concentration. Il y a également le risque de dépendance, qui peut progressivement conduire une personne à perdre le contrôle de sa consommation. »
Pour le médecin, la prévention demeure essentielle. Il estime que la population doit être davantage sensibilisée aux risques liés à la consommation abusive d’alcool, particulièrement lorsqu’il s’agit de boissons à forte teneur alcoolique. Le spécialiste recommande ainsi aux consommateurs de faire preuve de modération et d’éviter les comportements pouvant conduire à une consommation régulière et excessive.
Au-delà de la responsabilité individuelle, le docteur Bochad Embi estime que les autorités ont également un rôle important à jouer. Il les appelle à renforcer le contrôle des boissons fortement alcoolisées mises en vente dans la ville de Bukavu, notamment afin de mieux encadrer leur commercialisation.
« Nous appelons la population à être vigilante et à consommer de manière responsable. Mais il faut également que les autorités renforcent le contrôle des boissons fortement alcoolisées qui sont vendues dans la ville. La prévention et le contrôle peuvent contribuer à réduire les conséquences sanitaires liées à la consommation abusive de ces produits. »
Cette alerte intervient alors que la consommation d’alcool peut également entraîner des conséquences sociales et économiques pour les individus et leurs familles. La dépendance peut notamment affecter la capacité d’une personne à travailler normalement et à assumer ses responsabilités quotidiennes. Le corps médical encourage donc les personnes confrontées à des difficultés liées à leur consommation à rechercher un accompagnement auprès des professionnels de santé, plutôt que de laisser la situation évoluer vers une dépendance plus importante.
À Bukavu, les professionnels de santé plaident ainsi pour une combinaison d’actions reposant sur la sensibilisation de la population, la prévention des comportements à risque et un meilleur encadrement de la commercialisation des boissons fortement alcoolisées.
Egide Abalawi.