Bukavu : l'accumulation des déchets ménagers inquiète, un chercheur plaide pour une politique durable d'assainissement

Bukavu : l'accumulation des déchets ménagers inquiète, un chercheur plaide pour une politique durable d'assainissement

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Ghislain Lukambo

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Face à la multiplication des dépotoirs sauvages, notamment dans la commune d'Ibanda, des experts appellent les autorités à renforcer la gestion des déchets afin de préserver la santé publique et l'environnement.

L'insalubrité prend des proportions préoccupantes dans plusieurs quartiers de la ville de Bukavu, au Sud-Kivu. De nombreux espaces publics sont progressivement envahis par des déchets ménagers qui s'accumulent faute d'évacuation régulière, faisant craindre une dégradation des conditions de vie et une recrudescence des risques sanitaires.

Dans la commune d'Ibanda, plusieurs ronds-points, terrains non bâtis et espaces publics sont aujourd'hui transformés en dépotoirs à ciel ouvert. Des montagnes d'ordures s'y entassent depuis plusieurs jours, dégageant des odeurs nauséabondes et favorisant la prolifération des mouches, moustiques et autres vecteurs de maladies. Cette situation suscite l'inquiétude de nombreux habitants, qui redoutent une augmentation des maladies liées à l'insalubrité, notamment pendant cette période où les conditions d'hygiène demeurent essentielles pour prévenir plusieurs épidémies.

Interrogé sur cette problématique, Daniel Murhula estime qu'il est urgent pour les autorités locales de mettre en place une politique cohérente de gestion des déchets solides, associée à des mécanismes durables d'assainissement urbain.

« La gestion des déchets ne doit plus être considérée comme une simple opération de ramassage des ordures. Il s'agit d'une véritable politique publique qui exige une planification, des investissements et une implication de tous les acteurs. Lorsque les déchets restent longtemps dans les espaces publics, ils deviennent une menace directe pour la santé des populations et pour l'environnement. Les autorités doivent mettre en place un système efficace de collecte, de transport, de tri et de traitement des déchets, tout en développant des infrastructures adaptées et des campagnes permanentes de sensibilisation afin de promouvoir une culture de propreté dans la ville de Bukavu. », a déclaré Daniel Murhula.

Le chercheur souligne également que la lutte contre l'insalubrité passe par une meilleure gouvernance environnementale, impliquant aussi bien les pouvoirs publics que les citoyens, les organisations communautaires et les partenaires techniques. Selon lui, la préservation de l'environnement urbain constitue un facteur essentiel pour améliorer la qualité de vie des populations et prévenir plusieurs problèmes de santé publique.

« Une ville propre ne dépend pas uniquement des autorités. Chaque citoyen a également une responsabilité dans la protection de son environnement. Toutefois, cette responsabilité individuelle doit être accompagnée par des politiques publiques claires, des services d'assainissement fonctionnels et des sanctions contre les pratiques qui favorisent les dépotoirs sauvages. Bukavu a besoin d'une stratégie environnementale durable, capable d'intégrer la gestion moderne des déchets, le recyclage, la valorisation des matières récupérables ainsi que l'éducation environnementale. C'est à ce prix que nous pourrons préserver notre cadre de vie et protéger durablement la santé de nos populations. », a ajouté Daniel Murhula.

Face à cette situation, plusieurs habitants de Bukavu espèrent une réaction rapide des autorités compétentes afin d'évacuer les déchets déjà accumulés et de mettre en place un système permanent de collecte des ordures. Les observateurs estiment qu'une amélioration de l'assainissement urbain contribuera non seulement à embellir la ville, mais aussi à réduire les risques de maladies liées à l'insalubrité.

Eugide Abalawi depuis le Sud-Kivu

Tags : # Actualité # Bukavu # Sud-Kivu

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