À Bukavu, la consommation d’alcool suscite de plus en plus d’inquiétudes en raison de ses conséquences sanitaires, sociales et économiques, particulièrement chez les jeunes. Face à cette situation, des acteurs communautaires appellent les autorités et les différentes parties prenantes à renforcer les actions de sensibilisation afin de prévenir les risques liés à l’abus d’alcool et de mieux protéger la population.
Ces acteurs estiment que la consommation excessive d’alcool constitue un problème qui dépasse le cadre individuel. Selon eux, ses conséquences peuvent se répercuter sur la santé des consommateurs, leurs relations familiales, leur capacité à travailler ainsi que sur le développement socio-économique des communautés.
Dans les milieux urbains comme dans certaines zones périphériques, l’accessibilité de différentes boissons alcoolisées et leur consommation par une partie de la jeunesse préoccupent les acteurs communautaires. Ils plaident notamment pour une sensibilisation régulière sur les dangers liés à l’alcool, particulièrement auprès des jeunes, considérés comme l’un des groupes les plus exposés aux conséquences d’une consommation précoce ou excessive.
Napoléon Kajuju, expert en technologie alimentaire, intervenant au micro d’Eugide Abalawi, notre correspondant depuis Bukavu, insiste sur les conséquences que l’alcool peut avoir sur le fonctionnement du cerveau et sur la santé générale.
« La consommation d’alcool n’est pas sans conséquences sur l’organisme. Lorsqu’elle devient excessive ou régulière, elle peut affecter le fonctionnement du cerveau, diminuer certaines capacités cognitives et avoir des répercussions importantes sur la santé. Chez les jeunes particulièrement, il est nécessaire de renforcer l’information et la sensibilisation afin qu’ils comprennent les risques auxquels ils peuvent s’exposer en consommant de l’alcool de manière abusive », explique Napoléon Kajuju.
L’expert souligne également que les conséquences de la consommation excessive d’alcool peuvent dépasser le domaine sanitaire. La baisse de la productivité, les difficultés dans les relations sociales et familiales ainsi que certaines dépenses liées aux problèmes de santé constituent, selon lui, autant de facteurs susceptibles d’affecter le bien-être des ménages et des communautés.
Les acteurs communautaires appellent ainsi à une implication accrue des autorités locales, des structures sanitaires, des établissements scolaires, des familles et des organisations de la société civile. Ils estiment que la prévention doit commencer par une information accessible et adaptée aux différentes catégories de la population.
Pour Napoléon Kajuju, la sensibilisation doit notamment permettre de déconstruire certaines perceptions qui banalisent la consommation d’alcool et encouragent parfois les jeunes à en faire une pratique sociale ordinaire.
« Il faut que la communauté comprenne que la question de l’alcool ne concerne pas seulement celui qui consomme. Lorsqu’une personne perd sa capacité à travailler correctement, lorsque sa santé se dégrade ou lorsque sa consommation provoque des problèmes au sein de la famille, c’est toute la communauté qui peut en subir les conséquences. Il est donc important de mettre l’accent sur la prévention, surtout auprès des jeunes, pour promouvoir des comportements favorables à la santé, à la productivité et au bien-être collectif », poursuit l’expert.
Les acteurs communautaires recommandent par ailleurs de multiplier les campagnes de sensibilisation dans les quartiers, les écoles et les espaces fréquentés par les jeunes. Ils encouragent également les familles à jouer un rôle actif dans l’éducation et l’accompagnement des adolescents et des jeunes adultes.
À Bukavu, ils appellent enfin les autorités à renforcer les mécanismes de prévention et à veiller au respect des dispositions encadrant la commercialisation et la consommation des boissons alcoolisées. Pour eux, une meilleure information de la population constitue l’un des moyens essentiels pour réduire les conséquences sanitaires, sociales et économiques liées à l’abus d’alcool.
Dossier Eugide Abalawi, depuis Bukavu