BUKAVU : 65 décès liés à la consommation de boissons fortement alcoolisées enregistrés depuis le début de l’année 2026

BUKAVU : 65 décès liés à la consommation de boissons fortement alcoolisées enregistrés depuis le début de l’année 2026

La société civile tire la sonnette d’alarme et appelle les autorités à des mesures urgentes face à la multiplication des décès, notamment chez les jeunes

G

Ghislain Lukambo

39 0

Soixante-cinq personnes sont décédées depuis le début de l’année 2026 dans les trois communes de la ville de Bukavu après avoir consommé des boissons fortement alcoolisées, principalement de fabrication locale. Ces chiffres alarmants ont été présentés à la presse par le Collectif des associations de la société civile pour la paix, à l’issue d’un monitoring mené dans les communes de Bagira, Kadutu et Ibanda.

Selon les données rendues publiques, les victimes étaient âgées de 17 à 50 ans, révélant que le phénomène touche aussi bien les adolescents que les adultes. La commune de Bagira est la plus affectée avec 29 décès, suivie de Kadutu qui enregistre 25 cas, tandis qu’Ibanda déplore 11 décès. Pour le collectif, cette situation constitue une véritable urgence de santé publique qui nécessite une réponse rapide des autorités compétentes.

Présentant les résultats de ce monitoring, Hipocrate Marume, l’un des modérateurs du Collectif des associations de la société civile pour la paix, s’est dit préoccupé par la progression de la consommation de boissons alcoolisées fortement dosées, souvent produites dans des conditions peu contrôlées.

« Les chiffres que nous présentons aujourd’hui sont extrêmement préoccupants. Soixante-cinq vies ont déjà été perdues en seulement quelques mois dans la ville de Bukavu, et derrière ces statistiques se cachent des familles endeuillées, des enfants devenus orphelins et des communautés affectées. Nos enquêtes montrent que la plupart des boissons incriminées sont fabriquées localement et circulent facilement dans les quartiers sans contrôle rigoureux de leur composition ni de leur degré d’alcool. Nous sommes en face d’un problème majeur de santé publique qui touche particulièrement les jeunes et les personnes économiquement vulnérables. Si des mesures urgentes ne sont pas prises, le nombre de victimes pourrait continuer à augmenter dans les prochains mois », a-t-il déclaré.

Le collectif déplore également l’accessibilité de ces boissons, souvent vendues à des prix abordables et consommées sans discernement, notamment par les jeunes. Il estime qu’au-delà de la question de la réglementation, une sensibilisation accrue des communautés est indispensable pour prévenir de nouveaux drames.

« Nous lançons un appel pressant aux autorités provinciales, aux services de santé, aux services de sécurité et aux responsables administratifs afin qu’ils renforcent les mécanismes de contrôle de la production, de la commercialisation et de la distribution de ces boissons fortement alcoolisées. Il est également nécessaire de mener des campagnes de sensibilisation dans les quartiers, les écoles, les églises et les espaces publics afin d’informer la population sur les dangers liés à la consommation abusive de l’alcool. Nous devons agir collectivement pour protéger la jeunesse et préserver la santé publique. Chaque décès enregistré représente une perte de plus pour notre société et nous ne pouvons plus rester indifférents face à cette situation », a insisté Hipocrate Marume.

Face à cette série de décès, le Collectif des associations de la société civile pour la paix plaide pour des mesures immédiates, notamment l’identification des unités de production des boissons incriminées, le renforcement des contrôles sanitaires et la mise en place d’une stratégie de prévention contre l’alcoolisme excessif. Pour les acteurs de la société civile, la lutte contre ce phénomène constitue désormais une priorité afin d’éviter que d’autres familles ne soient frappées par de nouveaux drames.

Eugide ABALAWI, depuis Bukavu

Articles similaires