Les droits des peuples autochtones en République démocratique du Congo doivent désormais dépasser le cadre des textes et des engagements officiels pour devenir une réalité vécue par les communautés concernées. C’est le message porté ce lundi 10 août par l’organisation WAP-World, à l’occasion de la Journée internationale des peuples autochtones célébrée le 9 août. Son coordonnateur, Guershom Achu-Ukani, appelle le gouvernement congolais à renforcer les mesures destinées à garantir les droits de ces communautés et à améliorer leurs conditions de vie, particulièrement dans l’Est de la RDC où les peuples autochtones restent fortement exposés à l’insécurité, aux déplacements forcés et à la précarité.
Pour WAP-World, la reconnaissance des droits des peuples autochtones ne devrait pas se limiter à l’existence de textes juridiques ou à l’organisation de journées commémoratives. L’organisation estime que les engagements pris par l’État doivent être accompagnés d’actions concrètes dans les domaines de la protection, de l’accès aux services sociaux de base, de l’éducation, de la santé et de la sécurisation des espaces de vie. Dans les zones affectées par les conflits armés, les communautés autochtones figurent parmi les populations les plus vulnérables, notamment en raison des déplacements répétés qui les éloignent de leurs terres et de leurs moyens traditionnels de subsistance.
« Nous voulons rappeler que les droits des peuples autochtones ne doivent pas rester uniquement dans les textes. Il faut que ces droits deviennent une réalité sur le terrain, parce que les communautés autochtones vivent encore dans des conditions extrêmement difficiles. Le gouvernement doit prendre des mesures concrètes pour améliorer leur accès à l’éducation, aux soins de santé, à la protection sociale et à d’autres services essentiels. Dans l’Est de la République démocratique du Congo, la situation est encore plus préoccupante à cause de l’insécurité et des déplacements forcés qui touchent particulièrement ces communautés. Nous appelons donc les autorités à faire de la protection des peuples autochtones une véritable priorité », a déclaré Guershom Achu-Ukani, coordonnateur de WAP-World, dans des propos recueillis par Faraja Katho.
L’organisation insiste également sur la nécessité de protéger les communautés autochtones contre les conséquences des conflits armés. Pour WAP-World, les déplacements forcés entraînent la perte des terres, des moyens de subsistance et parfois même des repères culturels et communautaires. L’organisation appelle ainsi les autorités nationales et les acteurs impliqués dans les actions humanitaires à tenir compte des besoins spécifiques de ces populations dans les réponses apportées aux crises sécuritaires dans l’Est du pays.
« La situation des peuples autochtones dans les zones affectées par les conflits doit attirer davantage l’attention. Lorsqu’une famille est contrainte de fuir son milieu d’origine, elle perd non seulement son logement, mais également ses terres, ses activités économiques et une partie de ses repères culturels. Il est donc nécessaire que les politiques publiques et les programmes humanitaires prennent réellement en compte les particularités de ces communautés. Nous demandons au Gouvernement de passer des engagements aux actions et de garantir aux peuples autochtones les conditions nécessaires pour vivre dans la dignité et exercer pleinement leurs droits », a ajouté Guershom Achu-Ukani, coordonnateur de WAP-World, dans des propos recueillis par Faraja Katho.
La Journée internationale des peuples autochtones, célébrée chaque 9 août, constitue ainsi pour WAP-World une occasion de rappeler les défis auxquels ces communautés restent confrontées en RDC. L’organisation souhaite que cette célébration ne soit pas limitée aux discours, mais qu’elle débouche sur des engagements concrets et mesurables en faveur des populations autochtones.
Dans l’Est de la RDC, où l’insécurité continue de provoquer des déplacements de populations, WAP-World appelle notamment au renforcement de la protection des civils et à la mise en place de mécanismes permettant aux communautés autochtones déplacées de retrouver des conditions de vie dignes et sécurisées.
Faraja katho depuis Beni