Face à la recrudescence des violences dans l'Est de la République démocratique du Congo, l'acteur politique Saddam Patanguli, de la chefferie de Bashu, appelle les autorités nationales à doter les Forces armées de la RDC des moyens nécessaires pour mettre un terme à l'insécurité. Tout en saluant la décision de confier la conduite des opérations militaires au gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Somo Evariste, il estime que cette responsabilité doit s'accompagner d'un soutien conséquent en hommes, en équipements et en logistique.
La dégradation continue de la situation sécuritaire dans les territoires de Beni, Lubero et dans plusieurs autres parties de l'Est de la République démocratique du Congo demeure une source de préoccupation pour de nombreux acteurs sociopolitiques. Les attaques répétées contre les populations civiles, les enlèvements, les déplacements des habitants ainsi que les incursions de groupes armés continuent d'alimenter un climat de peur dans plusieurs localités. Réagissant à cette situation, Saddam Patanguli, acteur politique de la chefferie de Bashu, déplore la persistance des massacres attribués aux rebelles des ADF ainsi que l'activisme des combattants de l'AFC/M23 dans certaines zones du Nord-Kivu. Il affirme que les populations vivent dans une insécurité permanente et attendent des réponses concrètes des autorités compétentes.
S'il salue la décision du gouvernement de confier la coordination des opérations militaires au gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Somo Evariste, il estime que cette mesure, à elle seule, ne suffira pas à inverser durablement la situation sécuritaire.
« Nous saluons la confiance accordée au gouverneur militaire du Nord-Kivu pour conduire les opérations contre les groupes armés qui continuent de semer la terreur dans notre province. Cependant, une responsabilité aussi importante doit être accompagnée de moyens suffisants. On ne peut pas demander à un commandant d'obtenir des résultats sans lui donner les effectifs nécessaires, les équipements adaptés, les moyens de transport, les capacités de renseignement et tout l'appui logistique indispensable. Les populations de Beni, de Lubero et des autres territoires touchés veulent retrouver la paix. Elles attendent des actions concrètes qui permettront de neutraliser les groupes armés et de sécuriser durablement les villages ainsi que les axes routiers. »
L'acteur politique appelle le président de la République ainsi que le haut commandement des Forces armées de la République démocratique du Congo à renforcer les capacités opérationnelles des militaires engagés sur le terrain. Selon lui, seule une armée suffisamment équipée et soutenue pourra restaurer l'autorité de l'État dans les zones sous menace. Il insiste également sur la nécessité d'une meilleure coordination entre les différentes forces de sécurité afin de protéger efficacement les populations civiles confrontées aux attaques répétées des groupes armés.
« J'en appelle au président de la République, à travers l'état-major général des FARDC, afin que toutes les ressources humaines, matérielles et logistiques nécessaires soient mises à la disposition du gouverneur militaire. Il faut permettre aux forces engagées sur le terrain d'accomplir pleinement leur mission. Nos compatriotes vivent dans la peur, plusieurs familles ont perdu leurs proches, d'autres continuent de fuir leurs villages à cause des violences. Il est temps de renforcer les capacités opérationnelles de notre armée afin qu'elle puisse protéger les populations, restaurer l'autorité de l'État et ramener une paix durable dans l'ensemble de la province du Nord-Kivu. »
Alors que les défis sécuritaires demeurent importants dans plusieurs territoires de l'Est du pays, les appels en faveur d'un renforcement des moyens des forces de défense continuent de se multiplier. Les populations, quant à elles, espèrent des avancées significatives susceptibles de mettre définitivement fin aux violences qui affectent leur quotidien depuis plusieurs années.
Propos recueillis FARAJA KATHO depuis Beni