Beni : recrudescence des décès par pendaison, le psychologue Eugène Vomba fait appel à renforcer l’écoute des personnes en détresse

Beni : recrudescence des décès par pendaison, le psychologue Eugène Vomba fait appel à renforcer l’écoute des personnes en détresse

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Ghislain Lukambo

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Une recrudescence des cas de décès par pendaison est observée ces derniers temps dans la ville de Beni, au Nord-Kivu. Face à cette situation préoccupante, le psychologue Eugène Vomba appelle les familles et l’ensemble de la communauté à renforcer l’écoute et l’accompagnement des personnes en situation de détresse. De son côté, la Société civile de Beni invite les autorités à intensifier les efforts pour prévenir ces drames.

Selon le psychologue Eugène Vomba, ces situations doivent interpeller toute la communauté. Il estime qu’une attention particulière devrait être accordée aux personnes confrontées à des difficultés psychologiques, sociales ou familiales, afin d’éviter qu’elles ne restent seules face à leur détresse.

Eugène Vomba appelle notamment les proches à privilégier l’écoute et à orienter rapidement les personnes en difficulté vers des professionnels. Il explique :

« Lorsqu’une personne traverse une période de détresse, il est important de ne pas banaliser ce qu’elle ressent et surtout de ne pas la laisser seule face à ses difficultés. La famille, les amis, les voisins et toute la communauté doivent apprendre à être attentifs aux changements de comportement et aux signes qui peuvent montrer qu’une personne ne va pas bien. Il faut pouvoir l’écouter sans la juger, sans la condamner et sans minimiser son problème. Dans certains cas, une simple écoute peut permettre à la personne de se sentir comprise et de retrouver progressivement confiance. Mais lorsque la situation paraît plus grave, il est nécessaire de faire appel à un professionnel, notamment un psychologue ou un autre spécialiste capable d’assurer une prise en charge appropriée. La prévention ne doit donc pas commencer après le drame. Elle doit commencer dans nos familles, dans nos quartiers, dans les écoles et dans tous les milieux où les personnes vivent et travaillent. Nous devons créer un environnement dans lequel quelqu’un qui traverse une difficulté puisse demander de l’aide sans avoir peur d’être rejeté ou stigmatisé. »

Le psychologue encourage ainsi les familles à ne pas attendre qu’une situation devienne critique avant de chercher de l’aide. Il recommande également de renforcer les espaces d’écoute et d’accompagnement psychologique au sein de la communauté.

De son côté, la Société civile de Beni appelle les autorités à s’impliquer davantage dans la prévention de ces décès. Elle estime que la multiplication des cas doit faire l’objet d’une attention particulière et nécessite des réponses coordonnées entre les services publics, les professionnels de santé, les familles et les organisations de la société civile.

Pour les acteurs locaux, la prévention passe notamment par une meilleure sensibilisation de la population, l’accessibilité aux services d’accompagnement psychologique et le renforcement des mécanismes communautaires permettant d’identifier et d’assister les personnes vulnérables.

La situation observée à Beni rappelle enfin l’importance de considérer la santé mentale comme une question qui concerne l’ensemble de la société. Toute personne en détresse ou présentant un risque immédiat doit être accompagnée sans délai vers un proche de confiance, un professionnel de santé ou un service d’urgence.

Faraja Katho, depuis Beni.

Tags : # Actualité # Nord-Kivu # RDC

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