Une association plaide auprès des autorités militaires pour une meilleure prise en charge scolaire des enfants issus des familles des FARDC et de la Police nationale congolaise afin d'éviter une nouvelle année blanche.
Plus de cinq mille enfants d'âge scolaire issus des familles des militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et des policiers de la ville et du territoire de Beni n'ont pas pu achever normalement l'année scolaire 2025-2026. Cette situation préoccupante a été révélée samedi 4 juillet par Serges Liwela, coordonnateur de l'association réunissant ces enfants, au cours d'un entretien accordé à la RTEE KIVU.
Selon cette structure, plusieurs difficultés socio-économiques continuent de priver de nombreux enfants de leur droit à l'éducation. Les responsables de l'association estiment que des solutions urgentes doivent être trouvées afin d'éviter qu'un nombre important d'élèves ne soit une nouvelle fois exclu des salles de classe dès la prochaine rentrée scolaire.
Face à cette situation, une lettre contenant plusieurs recommandations a été transmise aux autorités militaires compétentes. L'objectif est d'obtenir des mesures concrètes susceptibles d'améliorer l'accès à l'école pour les enfants des militaires et des policiers affectés dans la région de Beni.
Parmi les propositions formulées figurent notamment la sensibilisation des chefs d'établissements scolaires publics afin qu'ils facilitent l'inscription des enfants issus des familles des militaires, mais aussi la mise en œuvre d'actions visant à lutter contre la mendicité qui touche une partie de ces enfants.
« Nous avons constaté avec beaucoup d'inquiétude que plus de cinq mille enfants des militaires et des policiers n'ont pas pu suivre normalement l'année scolaire 2025-2026. Derrière ces chiffres se cachent des enfants qui risquent de compromettre leur avenir faute d'accès à l'éducation. Nous avons donc adressé un mémorandum aux autorités militaires afin de proposer des solutions concrètes. Notre souhait est que ces enfants retrouvent leur place sur les bancs de l'école dès la prochaine rentrée, car l'éducation demeure un droit fondamental qui ne devrait être refusé à aucun enfant, quelles que soient les difficultés que traversent ses parents. », a déclaré Serges Liwela.
Le coordonnateur de l'association souligne que plusieurs enfants issus des familles des militaires vivent dans une grande précarité, une situation qui favorise l'abandon scolaire et, dans certains cas, la mendicité. Il estime qu'une réponse coordonnée entre les autorités militaires, les responsables scolaires et les partenaires sociaux permettrait de réduire considérablement ce phénomène.
Selon lui, la sensibilisation des chefs d'établissements publics constitue l'une des priorités afin que les enfants des militaires ne soient pas exclus des écoles pour des raisons financières ou administratives.
« Nous demandons aux autorités de renforcer les mécanismes de protection sociale en faveur des enfants des militaires et des policiers. Il est également important de sensibiliser les responsables des écoles publiques afin qu'ils accueillent ces enfants dans des conditions favorables. Nous voulons aussi lutter contre la mendicité qui gagne du terrain parmi certains d'entre eux. Lorsqu'un enfant est privé d'école, il devient plus vulnérable aux différents risques sociaux. Investir dans leur éducation, c'est aussi investir dans la stabilité et l'avenir de notre pays. Nous espérons que les recommandations que nous avons soumises seront examinées avec toute l'attention qu'elles méritent avant le début de la prochaine année scolaire. », a ajouté Serges Liwela.
L'association dit rester disponible pour travailler avec les autorités militaires, les responsables des établissements scolaires et les partenaires intervenant dans le secteur de l'éducation afin d'améliorer durablement les conditions de scolarisation des enfants des militaires et des policiers dans la ville et le territoire de Beni.
Reportage de Babacar Vikwa.