La rage demeure une maladie virale particulièrement dangereuse, transmissible de l’animal à l’homme principalement à travers les morsures et les griffures. À Beni, cette maladie suscite un appel à la vigilance à l’occasion de la Journée mondiale contre la rage, célébrée chaque 28 septembre. Le docteur vétérinaire Louange Kakule invite la population à ne banaliser aucune morsure ou griffure provenant d’un animal suspect et à privilégier une prise en charge rapide. L’Organisation mondiale de la Santé rappelle que, lorsque les symptômes cliniques apparaissent après l’atteinte du système nerveux central, la rage est pratiquement toujours mortelle, alors qu’une prophylaxie post-exposition administrée rapidement permet d’éviter le décès.
Pour le vétérinaire Louange Kakule, la première réaction après une morsure ou une griffure suspecte ne doit pas être l’attente de l’apparition des symptômes. La plaie doit immédiatement être lavée abondamment à l’eau et au savon, pendant au moins quinze minutes, avant de se rendre dans une structure de santé pour une évaluation et une éventuelle vaccination antirabique. Cette prise en charge dépend notamment de la nature du contact avec l’animal et de la gravité de la blessure.
« Lorsqu’une personne est mordue ou griffée par un animal dont le statut est inconnu ou qui présente un comportement suspect, elle ne doit pas attendre pour chercher des soins. Il faut d’abord bien laver la plaie avec de l’eau et du savon, puis se rendre rapidement dans une structure sanitaire afin que les professionnels puissent évaluer le risque et décider de la conduite à tenir. La rage est une maladie que l’on peut prévenir lorsqu’on agit à temps, mais il ne faut surtout pas attendre l’apparition des signes cliniques pour commencer la prise en charge », a expliqué le docteur vétérinaire Louange Kakule.
La prévention passe également par la protection des animaux, particulièrement les chiens, qui sont à l’origine de la grande majorité des cas de rage humaine. L’OMS souligne que la vaccination des chiens constitue l’une des principales mesures de prévention de la rage chez l’être humain. La Journée mondiale contre la rage 2026 est d’ailleurs placée sous le thème « Plus forts ensemble », mettant l’accent sur la collaboration entre communautés, professionnels de santé humaine et animale, autorités et partenaires.
Le docteur vétérinaire Louange Kakule insiste ainsi sur la nécessité de ne pas laisser divaguer les chiens et autres animaux domestiques et d’éviter les comportements susceptibles de provoquer des morsures. Il encourage également les propriétaires d’animaux à participer aux actions de vaccination et à signaler les comportements inhabituels observés chez les animaux.
« La lutte contre la rage ne concerne pas uniquement les vétérinaires ou les agents de santé. Elle commence dans la communauté, avec les propriétaires d’animaux et avec chaque personne qui peut contribuer à prévenir une morsure. Il est important de faire vacciner les chiens, de surveiller leur comportement et surtout de ne pas prendre à la légère une morsure ou une griffure. Une personne exposée doit être orientée rapidement vers les services compétents, car la prise en charge précoce est essentielle pour éviter une évolution vers une maladie mortelle », a insisté le docteur vétérinaire Louange Kakule.
Selon l’OMS, les expositions de type II, notamment les griffures ou égratignures superficielles sans saignement, nécessitent déjà un nettoyage de la plaie et une vaccination immédiate. Les morsures ou griffures ayant traversé la peau, ainsi que certaines contaminations par la salive, sont considérées comme des expositions plus graves et peuvent nécessiter, en plus du vaccin, l’administration d’immunoglobulines ou d’anticorps monoclonaux antirabiques.
À Beni, ce rappel vise donc à renforcer la vigilance de la population face aux animaux potentiellement porteurs du virus et à encourager une réaction rapide en cas d’exposition. La prévention repose sur une approche commune associant santé humaine, santé animale, vaccination des chiens, sensibilisation communautaire et accès rapide aux soins.
Faraja Katho, depuis Beni.