Il va accueillir des travaux d’aménagement provisoire du Centre de Traitement Ebola (CTE), dans le cadre de la riposte contre la maladie à virus Ebola.
Cette décision, dictée par les impératifs de santé publique, intervient dans un contexte où les autorités sanitaires renforcent les dispositifs de prévention et de prise en charge face au risque épidémique. Si elle est globalement saluée sur le plan sanitaire, elle entraîne cependant des conséquences directes sur les activités sportives quotidiennes de la ville.
Plusieurs clubs locaux, dont Mwangaza de Beni et Autruche en deuxième division, utilisaient régulièrement ce terrain pour leurs entraînements. Les vétérans du football y tenaient également leurs rencontres dominicales, faisant du stade un véritable point de convergence pour les passionnés du ballon rond.
Dans le même temps, cette situation met en évidence un problème structurel plus profond : le déficit d’infrastructures sportives adaptées dans la ville. Le stade du 15 Octobre, censé constituer une alternative majeure, reste inachevé malgré plusieurs années de travaux, laissant les sportifs dans une situation de forte contrainte.
Face à cette réalité, de nombreux acteurs du sport local appellent à des solutions urgentes pour éviter l’arrêt prolongé des activités sportives et préserver l’encadrement de la jeunesse.
« Le stade des Sœurs Orantes représente un espace vital pour le football à Beni. Sa réquisition pour des raisons sanitaires est compréhensible au regard de l’urgence de la situation liée à Ebola. Cependant, cette décision met en difficulté plusieurs équipes qui n’ont plus de cadre adéquat pour s’entraîner. Nous appelons les autorités à accélérer la finalisation des infrastructures existantes et à identifier des solutions alternatives temporaires afin de ne pas pénaliser durablement les jeunes sportifs. Le football joue un rôle important dans l’encadrement de la jeunesse et la cohésion sociale. »
Un autre acteur du milieu sportif insiste sur la nécessité de concilier les impératifs sanitaires et les besoins sociaux de la population.
« Nous comprenons que la santé publique doit rester la priorité absolue, surtout en période de menace épidémique. Toutefois, il est important de ne pas perdre de vue les conséquences sur la vie sociale et sportive. Le manque d’infrastructures oblige aujourd’hui les jeunes à se replier sur un seul terrain disponible, ce qui limite considérablement leur encadrement. Nous encourageons les autorités à envisager des aménagements rapides et durables pour que le sport continue de jouer son rôle éducatif et social dans la ville de Beni. »
En attendant la fin des travaux liés à la mise en place du Centre de Traitement Ebola, les activités sportives locales devront s’adapter à cette nouvelle configuration, dans un contexte où la santé publique et la vie communautaire doivent trouver un équilibre.
La situation relance ainsi le débat sur la nécessité d’investir davantage dans les infrastructures sportives à Beni, afin de garantir un encadrement adéquat de la jeunesse et la continuité des activités sportives malgré les contraintes sanitaires.