Documenter correctement pour mieux accompagner les victimes. L'organisation Great Lakes Human Rights Program (GLHRP) a renforcé les capacités de ses agents, acteurs judiciaires engagés dans l'accompagnement des victimes de violences sexuelles liées aux conflits armés. L'atelier a duré trois jours, du mercredi 14 au vendredi 16 octobre 2026, dans la salle de réunions du GLHRP, en ville de Beni, siège de l'organisation.

Le coordonnateur du GLHRP Jackson Kinsenga
Cette session s'inscrit dans le contexte de guerre qui prévaut au Nord-Kivu. Elle a été rendue possible grâce au partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), dans le cadre de la mise en œuvre du Fonds national de réparation des victimes (FONAREV). Son objectif était de permettre aux participants, essentiellement des fournisseurs d'alertes, de mieux cerner les contextes des conflits armés, de comprendre les infractions en matière de violences sexuelles commises en temps de guerre et de savoir comment les qualifier comme liées aux conflits.

Au terme de ces trois jours de travaux, Me Christian Bada, assistant judiciaire au sein du GLHRP, s'est dit désormais mieux outillé. Il est revenu sur l'importance de cette capacitation.
« Au terme de ces trois jours, je me sens désormais mieux outillé. Cette formation nous a permis de mieux comprendre les contextes des conflits armés, de savoir reconnaître les infractions de violences sexuelles commises en temps de guerre et de les qualifier comme liées aux conflits. C'est une capacitation importante pour notre travail d'accompagnement des victimes », a déclaré Me Christian Bada, assistant judiciaire au sein du GLHRP.
Durant la session, le facilitateur est revenu sur les violences sexuelles liées aux conflits armés, en analysant les contextes avant, pendant et après les conflits. Il a aussi éclairé les participants sur les crimes contre la paix et la sécurité de l'humanité, citant notamment le crime contre l'humanité, le crime de guerre et le génocide. Une capacitation jugée indispensable au regard du contexte actuel du Nord-Kivu, afin d'assurer un accompagnement sérieux des victimes, en documentant correctement et avec professionnalisme les cas enregistrés.
« Cette capacitation est indispensable au regard du contexte actuel du Nord-Kivu. Elle nous permet d'accompagner sérieusement les victimes des conflits armés, en documentant correctement et avec professionnalisme les cas que nous enregistrons. Il s'agit de leur offrir un accompagnement à la hauteur de ce qu'elles ont vécu », a ajouté Me Christian Bada.
Pour rappel, le Great Lakes Human Rights Program, basé à Beni, chef-lieu provisoire de la province du Nord-Kivu, œuvre pour la promotion et le respect des droits humains. Il est spécialisé dans l'accompagnement juridique et psychosocial des victimes de violences sexuelles, l'accompagnement des peuples autochtones pygmées dans l'obtention des titres de leurs terres, ainsi que dans la défense des défenseurs des droits humains et la gouvernance locale.
Ghislain Lukambo depuis Beni