L'extension progressive de la ville de Beni entraîne la disparition de certains espaces naturels, notamment les petites forêts et les zones humides. Cette situation suscite des inquiétudes chez les spécialistes de l'environnement, qui redoutent ses conséquences sur l'équilibre écologique, la gestion des eaux de ruissellement et la stabilité des sols.
Dans un entretien accordé ce mercredi 30 septembre 2026 à la rédaction de la RTEE, le chef des travaux Prospère Kirimanzi, spécialiste en biodiversité et changement climatique, explique que la disparition progressive de ces espaces peut favoriser l'érosion des sols et les glissements de terrain. Il insiste également sur les difficultés liées à l'évacuation des eaux de pluie dans les zones fortement urbanisées.
« Les petites forêts et les zones humides jouent un rôle que l'on ne mesure pas toujours : elles retiennent l'eau, elles fixent le sol et elles régulent l'équilibre de notre environnement. Quand on les remplace par des constructions, l'eau de pluie n'a plus où s'infiltrer, elle ruisselle avec force, emporte la terre et provoque de l'érosion. Dans les quartiers fortement urbanisés, l'évacuation de ces eaux devient alors un véritable casse-tête, et les glissements de terrain deviennent plus fréquents », a expliqué Prospère Kirimanzi.
Face à cette situation, le spécialiste appelle à une meilleure planification de l'urbanisation de Beni. Selon lui, l'extension de la ville doit tenir compte de la nécessité de préserver les espaces naturels encore disponibles, en particulier les zones humides et les petites forêts qui contribuent à l'équilibre environnemental.
« Nous ne disons pas qu'il faut arrêter l'expansion de la ville, car la population grandit et a besoin d'espace pour se loger. Mais il faut planifier. Avant d'ouvrir de nouvelles zones d'habitation, il faut identifier les espaces naturels à protéger, prévoir des caniveaux adaptés et éviter de construire là où le sol est fragile. Si nous ne le faisons pas aujourd'hui, ce sont les habitants eux-mêmes qui en paieront le prix demain, à travers les inondations, l'érosion et la perte de leurs habitations », a-t-il plaidé.
Prospère Kirimanzi invite ainsi les autorités et les acteurs impliqués dans l'aménagement urbain à intégrer davantage les questions de biodiversité et de changement climatique dans leurs décisions. Une urbanisation mieux planifiée pourrait, selon lui, contribuer à réduire les risques d'érosion, de glissements de terrain et de ruissellement, tout en accompagnant l'expansion de la ville.
Faraja Katho, depuis Beni