Alors que la République démocratique du Congo poursuit sa réflexion sur la mise en œuvre de la justice transitionnelle, des acteurs du secteur judiciaire alertent sur les obstacles qui freinent ce processus. À Beni, Maître David Wambale estime que l’occupation de certaines parties du territoire national et les faiblesses du système judiciaire constituent des défis majeurs pour garantir justice, réparation aux victimes et lutte contre l’impunité.
La mise en œuvre de la justice transitionnelle en République démocratique du Congo reste confrontée à plusieurs difficultés. Parmi les principaux obstacles figurent l’insécurité persistante dans certaines zones du pays, l’occupation d’une partie du territoire national par des groupes armés ainsi que l’absence d’un système judiciaire suffisamment harmonisé pour traiter efficacement les crimes graves commis lors des différents conflits.
Cette analyse est celle de Maître David Wambale, qui s’est exprimé lundi 20 juillet 2026 à Beni. Pour cet acteur du monde judiciaire, la justice transitionnelle ne peut produire les résultats attendus que dans un contexte où l’autorité de l’État est effectivement rétablie sur l’ensemble du territoire.
Selon lui, l’accès à la justice demeure difficile dans les zones qui échappent au contrôle des institutions étatiques. Cette situation limite les possibilités d’enquêter sur les crimes commis, d’identifier les auteurs présumés et d’assurer un procès équitable aux personnes impliquées dans des violations graves des droits humains.
« La justice transitionnelle ne peut pas fonctionner normalement dans un environnement où certaines parties du territoire national échappent encore au contrôle de l’État. Pour que ce processus soit efficace, il faut d’abord garantir la présence des institutions publiques partout où les populations ont été victimes de violences. Sans cela, il devient difficile de mener des enquêtes sérieuses, de poursuivre les auteurs des crimes et d’apporter une véritable réponse judiciaire aux victimes », a expliqué Maître David Wambale.
L’avocat rappelle également que la lutte contre l’impunité demeure l’un des objectifs fondamentaux de la justice transitionnelle. À ses yeux, les personnes responsables des crimes graves doivent répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes, conformément aux lois en vigueur en République démocratique du Congo.
Pour lui, la reconnaissance des souffrances des victimes doit s’accompagner de mécanismes de réparation adaptés, afin de restaurer leur dignité et de favoriser la réconciliation nationale.
« La justice transitionnelle ne signifie pas seulement rappeler les événements douloureux du passé. Elle implique également que les auteurs des crimes soient jugés, que les victimes soient reconnues et qu’elles puissent bénéficier d’une réparation. Si les crimes restent impunis, il sera difficile de construire une paix durable et de restaurer la confiance entre les communautés affectées par les conflits », a ajouté Maître David Wambale.
L’acteur judiciaire insiste par ailleurs sur la nécessité de renforcer le système judiciaire congolais afin de permettre une prise en charge efficace des dossiers liés aux violations graves des droits humains. Il estime qu’une meilleure coordination entre les institutions judiciaires, les autorités publiques et les acteurs de la société civile est indispensable pour assurer le succès de ce processus.
La justice transitionnelle est considérée comme un outil permettant aux pays sortant des périodes de conflits de faire face aux crimes du passé, de favoriser la réconciliation et d’éviter la répétition des violences. En RDC, son application reste cependant étroitement liée à l’évolution de la situation sécuritaire et au renforcement de l’État de droit.
Maître David Wambale s’est exprimé au micro de Faraja Katho.