Beni : grossesses précoces, la sage-femme Kavira Senge Jackie pointe le déficit d'éducation à la santé sexuelle et plaide pour son intégration dans le programme scolaire

Beni : grossesses précoces, la sage-femme Kavira Senge Jackie pointe le déficit d'éducation à la santé sexuelle et plaide pour son intégration dans le programme scolaire

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Rédaction RTEE

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La faible sensibilisation et le déficit d'éducation à la santé sexuelle figurent parmi les facteurs qui favorisent les cas de grossesses précoces dans la ville de Beni et ses environs. C'est ce qu'a indiqué Kavira Senge Jackie, sage-femme au Centre hospitalier Karl-Beker, situé à Matongé, ce samedi 3 octobre 2026. Pour y remédier, elle plaide pour l'introduction des matières liées à la sexualité dans le programme scolaire et invite les parents à privilégier le dialogue avec leurs enfants.

Dans le cadre de son travail, la sage-femme est régulièrement en contact avec des adolescentes confrontées à une grossesse non préparée. Selon elle, beaucoup de jeunes filles abordent la vie sexuelle sans disposer d'informations fiables, faute d'espaces où ces questions peuvent être traitées sans tabou, que ce soit à la maison ou à l'école.

« Dans notre pratique, nous recevons de plus en plus de jeunes filles qui tombent enceintes très tôt. Le premier problème, c'est le manque de sensibilisation et la faible éducation à la santé sexuelle. Beaucoup d'adolescents ignorent comment fonctionne leur corps, ne connaissent pas les risques et se retrouvent exposés. Quand l'information n'est pas donnée correctement, ils la cherchent ailleurs, souvent auprès de sources qui ne sont pas fiables », a déploré Kavira Senge Jackie.

Face à cette situation, la professionnelle de santé recommande que les matières liées à la sexualité soient intégrées au programme scolaire, afin que les élèves reçoivent, dans un cadre encadré, des connaissances adaptées à leur âge. Pour elle, l'école est un levier essentiel pour atteindre le plus grand nombre de jeunes.

« Nous plaidons pour que des matières liées à la sexualité soient introduites dans le programme scolaire. Il s'agit d'apprendre aux enfants à connaître leur corps, à se protéger et à comprendre les conséquences de leurs choix. Une éducation encadrée et progressive vaut mieux que l'ignorance, qui expose les adolescents à des grossesses précoces et à des infections », a-t-elle plaidé.

Kavira Senge invite par ailleurs les parents à jouer pleinement leur rôle, en privilégiant le dialogue avec leurs enfants sur ce sujet encore considéré comme tabou dans de nombreux foyers.

« Les parents doivent briser le silence. Parler avec ses enfants de la sexualité, ce n'est pas les encourager à mal faire, c'est les protéger. Quand le dialogue existe à la maison, l'enfant sait qu'il peut poser ses questions et demander conseil avant de commettre une erreur. C'est le premier cadre de prévention », a-t-elle conseillé.

Pour la sage-femme, la lutte contre les grossesses précoces passe donc par une action conjuguée de l'école, des familles et des structures de santé, afin que les adolescents aient accès à une information juste et à un accompagnement adapté.

Faraja Katho, depuis Beni

Tags : # Actualité # Ville de Beni

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