AFDC-A : le Comité de crise d’Otto Bahizi conteste le congrès de Modeste Bahati et réaffirme son soutien au dialogue national

AFDC-A : le Comité de crise d’Otto Bahizi conteste le congrès de Modeste Bahati et réaffirme son soutien au dialogue national

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Ghislain Lukambo

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La crise de leadership qui secoue l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) prend une nouvelle tournure. Dans un communiqué rendu public le 18 juillet 2026, le Comité de crise dirigé par Otto Bahizi rejette les déclarations du camp de Modeste Bahati Lukwebo, conteste la régularité du congrès organisé par ce dernier et annonce des démarches judiciaires. Sur le plan politique, cette aile du parti réaffirme son adhésion au dialogue national inclusif annoncé par le président de la République.

Le bras de fer entre les différentes tendances de l’AFDC-A se poursuit aussi bien sur le terrain politique que devant les juridictions. Le Comité de crise conduit par Otto Bahizi affirme vouloir rétablir ce qu'il qualifie de « vérité juridique et politique » concernant la direction du parti.

Dans un communiqué consulté par la RTEE Kivu ce mercredi 22 juillet 2026, cette structure soutient que le congrès organisé par le professeur Modeste Bahati Lukwebo n'a jamais reçu la validation de l'autorité compétente. Elle rappelle que, conformément aux dispositions de la loi portant organisation des partis politiques, la validation d'un congrès relève exclusivement des attributions du Vice-Premier ministre, ministre de l'Intérieur.

Selon le Comité de crise, les résolutions issues de ce congrès auraient été suspendues par le ministère de l'Intérieur à la suite d'un recours introduit par Otto Bahizi. Cette décision serait intervenue à travers une correspondance datée du 13 avril 2026, invoquant des irrégularités dans l'organisation des assises.

Le camp Bahizi accuse en outre ses adversaires d'avoir privilégié une voie judiciaire qu'il estime contraire aux procédures prévues par la législation en vigueur.

« L'autorité de tutelle n'a jamais validé les conclusions du congrès organisé par le camp Bahati. Au contraire, le ministère de l'Intérieur en a suspendu les résolutions après avoir constaté des irrégularités. Nous estimons que certaines démarches entreprises devant les juridictions ont contourné les prérogatives reconnues au ministère de l'Intérieur par la loi sur les partis politiques. C'est pourquoi nous avons engagé les voies de recours nécessaires afin que cette situation soit examinée conformément au droit », affirme le Comité de crise dans son communiqué.

Le document évoque également une décision rendue par le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe sous le numéro RPNC 52 936. Le Comité de crise soutient que cette décision aurait été obtenue dans le cadre d'une procédure gracieuse alors que, selon son analyse, le dossier relevait d'un contentieux nécessitant un débat contradictoire. Pour cette raison, Otto Bahizi indique avoir introduit une action en tierce opposition afin d'obtenir l'annulation de cette décision de justice qu'il considère comme irrégulière.

Le Comité affirme par ailleurs que les informations diffusées par le camp adverse au sujet de la dernière audience ne reflètent pas fidèlement le déroulement des débats judiciaires.

« Contrairement aux affirmations relayées par nos contradicteurs, le tribunal n'a nullement remis en cause la qualité ou la légitimité d'Otto Bahizi. La procédure judiciaire suit son cours normal et nous demeurons confiants quant au rétablissement du droit. Notre objectif n'est pas d'entretenir une polémique, mais de faire respecter les textes légaux qui régissent le fonctionnement des partis politiques ainsi que les principes de transparence et de légalité », poursuit le communiqué.

Au-delà du différend interne, le Comité de crise se prononce également sur l'actualité politique nationale. Il salue l'initiative du président Félix-Antoine Tshisekedi visant à organiser un dialogue national inclusif, qu'il considère comme une opportunité de renforcer la cohésion nationale et de rechercher des solutions consensuelles aux défis auxquels fait face la République démocratique du Congo.

À ce stade, le camp de Modeste Bahati Lukwebo n'avait pas réagi, dans ce document, aux nouvelles déclarations du Comité de crise. Le différend entre les deux tendances de l'AFDC-A demeure pendant devant les instances compétentes.

Un reportage de Ghislain Lukambo, présenté par Light Musonga.

Tags : # Actualité # Nord-Kivu # RDC

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